Archives de Catégorie: Surveillance / Veille

Les légionelles au coeur du combat laboratoires publics et géants privés

Hôpital-3La lutte contre la légionellose a été un fer de lance en hygiène hospitalière. Après de nombreux épisodes d’épidémies dans le milieu hospitalier avec près de 20% des cas de légionelloses en France à la fin des années 90, le milieu hospitalier concerne à ce jour environ 7% des cas en France par an à ce jour.

Cette lutte s’est largement améliorée avec l’implication des équipes d’hygiène hospitalière et la réalisation des contrôles microbiologiques pour recherche de légionelles par les techniciens biohygiénistes en interne à l’établissement de santé. Ces analyses ont évolués afin d’améliorer la sensibilité de la technique et les EOH se sont toujours adaptées à ces changements.

L’arrêté de février 2010, sous le lobby des grands laboratoires privés a imposé  la mise en place de l’accréditation COFRAC pour les laboratoires environnementaux en charge des analyses pour la recherche des légionelles. La mise en place de cette accréditation  a demandé un investissement financier supplémentaire de la part des hôpitaux pour maintenir cette force interne dans la lutte contre la légionellose et a obligé les laboratoires d’hygiène hospitalier à regrouper cette activité sur un seul laboratoire « territorial » dans l’optique des regroupements hospitaliers.

La nouvelle norme NFT 90-431 de décembre 2014, améliore principalement la sensibilité du résultat mais elle est sujet à des controverses telle que les délais et conditions d’acheminement des échantillons n’apportant que des contraintes pour des bénéfices techniques non scientifiquement prouvés ou publiés.

Au travers des adaptations sous les arguments d’amélioration continue se cache une bataille des marchés indiscutable dans les analyses environnementales. Les améliorations techniques, pour certaines sont plus des armes de découragement que de vrais points d’amélioration justifiés pour le terrain et la protection des patients.

Certains hôpitaux avaient déjà fait le choix lors de la mise en place de l’accréditation COFRAC depuis 2012, d’une externalisation de la prestation avec des expériences peu convaincantes en terme de réactivité lors de suspicions, de difficultés à obtenir les souches pour les comparaisons avec les souches cliniques, la programmation de prélèvements environnementaux en urgence suite à un cas.

La réalisation en interne avait pour force pour le professionnel biohygiéniste de bien connaitre les aspects morphologiques des souches du réseau de l’hôpital dans lequel ou pour lesquels le laboratoire exerçait l’analyse.  Et cette connaissance du réseau est un levier indispensable pour une bonne maîtrise du risque infectieux lié à l’eau dans nos hôpitaux.

Les évolutions prochaines de cette course au marché va rapidement concerner la recherche de légionelles dans les co-propriétés avec sans doute un renforcement de la legislation, l’obligation d’accréditation pour les contrôles microbiologiques d’endoscopes qui sont pourtant bien maîtrisés dans les hôpitaux publics à ce jour et enfin les contrôles d’air dans les zones accueillant du public.

TJP

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Premier rapport de l’OMS sur la menace mondiale des résistances aux antibiotiques.

9789241564748_eng-45678c5Très rapidement,

Ce document était publié depuis quelques temps sur la page A LA UNE du Forum, mais celle-ci évoluant vite il devenait important de publier un court article pour un accès à ce rapport et avant qu’il ne disparaisse de LA UNE du forum en raison des nouvelles actualités.

Vous trouverez ci-joint Le rapport de l’OMS en question en anglais et en français « WHO’s first global report on antibiotic resistance reveals serious, worldwide threat to public health »

 

 

 

 

 

 

 

– En anglais:

http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2014/amr-report/en/

– En français:

http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2014/amr-report/fr/

 

 

 

 

 

Journée Thématique de l’ABE « Endoscopie » 14 juin 2013

Vendredi 14 juin 2013, Thierry Pialleport Président de l’Association des Biohygiénistes Européens et le bureau, ont organisé une journée thématique sur l’endoscopie, dans les locaux du siège social de l’association, le lycée Pierre-Gilles De Gennes-ENCPB, 11 rue Pirandello – Paris 13.

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T. PIALLEPORT / Photo FBH/ABE(c) 2013

Cette journée a réuni plus de 70 professionnels venus de toute la France « Bordeaux, Saint-Nazaire, Vendée, Sables d’Olonne, Châteauroux, Versailles, Melun, Pontoise, APHP Paris » …et de spécialités diverses : « praticiens hygiénistes, cadres et infirmiers hygiénistes, biohygiénistes, personnels infirmiers et médico-techniques en endoscopie.

Après l’accueil des participants, la journée a débuté par une revue des publications et des cas concrets de contamination d’endoscopes à l’origine possible d’infections nosocomiales sporadiques ou épidémiques par Lisa Garcia, biohygiéniste au Centre Hospitalier de Chartres.

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L. GARCIA / Photo FBH/ABE(c) 2013

La matinée s’est poursuivie avec un rappel des conditions et des techniques de prélèvement (pré-requis, périodicité, technique de prélèvement, analyses) mais également la conduite à tenir vis-à-vis des résultats par Nicolas Arangia, biohygiéniste à l’Hôpital de Bicètre.

Imane ALAABOUCHE, biohygiéniste aux Hôpitaux universitaire Paris Centre Cochin – Broca – Hôtel Dieu, a interrogé l’auditoire sur le problème de l’utilisation des endocopes durant les gardes.

Avant la pause-déjeuner, Emilie Haverbeque Biohygiéniste au Centre Hospitalier de Valenciennes a abordé les problématiques concernant les armoires de stockage de plus en plus installés dans nos établissements.

L’après-midi a été l’occasion pour les participants de rencontrer 2 fabricants d’endoscopes (Olympus et Fujinon) autour d’ateliers pratiques consacrés à différents thèmes dont l’anatomie d’un endoscope, la réalisation pratique du prélèvement sur maquettes et un point sur le matériel et les produits nécessaires à la désinfection et d’un fabricant d’Enceinte de Stockage d’Endoscopes Thermosensibles ESET (Anios).

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Stand FUJINON / Photo FBH/ABE(c) 2013

Au moment de clore cette journée, l’Association des Biohygiénistes Européens (A.B.E.) a communiqué la date du 09ième Congrès « Biologie et Hygiène Hospitalière » qui aura lieu le mardi 08 avril 2014 au lycée Pierre-Gilles De Gennes-ENCPB, 11 rue Pirandello – Paris 13.

Des informations complémentaires sur ce 9ième congrès seront disponibles sur la page Internet de l’ABE dans les prochains mois.

Foyer de Grippe A en Haute Savoie faut-il encore s’alarmer ?

stop-grippe-aTous les médias s’empressent encore d’inquiéter la population avec ce nouveau foyer épidémique et certains osent dors et déjà lancer des titres cataclysmiques « La Grippe A revient » …

Pour autant que chacun des scientifiques du Réseau des Groupes Régionaux d’Observation de la Grippe (GROG) le sachent, la grippe A n’a jamais complètement disparu de notre territoire … En effet il suffit de visiter le site internet http://www.grog.org/ et se diriger sur la page « situation en France » pour vite comprendre qu’elle est même majoritaire encore dans certaines régions telle que l’Ile de France …

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Le GROG expique pour la semaine 50 une situation nationale classique:

– La fréquence des consultations pour infection respiratoire aigüe (IRA) en médecine générale et en pédiatrie poursuit sa lente progression.

– Les détections de virus grippaux A et B dans les prélèvements effectués par les vigies du Réseau des GROG deviennent plus fréquentes.

– L’épidémie de bronchiolite à VRS (virus respiratoire syncytial) du jeune enfant se poursuit mais semble atteindre son pic.

– Il ne faut plus tarder pour vacciner contre la grippe les personnes à risque et ceux qui les prennent en charge.

– Les mesures barrières (lavage des mains, aération des locaux, port du masque, mettre son coude devant sa bouche ou son nez pour tousser ou éternuer, éviter les embrassades, etc.) sont particulièrement de mise.

Pourquoi une telle médiatisation ?

Il s’agit en fait d’une épidémie localisée dans une clinique de convalescence et touchant 35 individus incluants patients et personnel. Ce type de foyer est complètement classique dans une période qui précède l’épidémie annuelle de grippe. Et c’est parce que ce foyer touche un établissement de soins qu’il a été administré à l’ensemble des individus infectés et contacts un traitement au Tamiflu(r).

Rappel:  Il est encore temps de vous vacciner… l’épidémie est attendue dans environ 15 jours. Mais sachez qu’il n’est jamais trop tard pour se vacciner contre la grippe, même en situation épidémique le bénéfice est reconnu.

Sources:

http://www.grog.org/bullhebdo_pdf/bull_grog_50-2012.pdf

http://www.radinrue.com/article7815.html

La spectrosco​pie optique en passe de revolutionner la mesure de la biocontamination

Sans titreLe développement de la microbiologie rapide a le vent en poupe.

Il devient de plus en plus insupportable d’attendre au rythme microbiologique le délai pour identifier un germe ou de pouvoir dénombrer les quantités bactériennes… souvent réalisées 24 à 48 heures après, lorsqu’il ne s’agit pas d’attendre 7 jours pour les flores fongiques. Parmi ces méthodes on peut citer des méthodes de biologie moléculaire telle que la PCR en temps réelle, biochimiques telle que l’ATPmétrie et maintenant physiques telle que  la Spectroscopie Optique.

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C’est après les événements de septembre 2011 aux Etats-Unis que cette technologie a été développée, alors que la crainte d’une attaque par arme biologique à base de spores de Bacillus anthracis modifiées était maximale. C’est l’armée américaine qui developpa cette technologie démarquée parmi d’autres prototypes. Le besoin était de pouvoir évaluer le risque de présence d’organismes viables mais non cultivables (VBNC). Ces VBNC sont tous ces micro-organismes capables de se mettre en état de dormance:

Tableau A: Micro-organismes possédant un état de dormance:

Aeromonas salmonicida Agrobacterium tumefaciens Alcaligenes eutrophus
Aquaspirillum sp. Burkholderia cepacia Burkholderia psudomallei
Camphylobacter coli Camphylobacter jejuni Camphylobacter lari
Cytophaga allerginae Enterobacter aerogenes Enterobacter cloacae
Enterococcus faecalis Enterococcus hirae Enterococcus faecium
Escherichia coli Francisella tularensis Helicobacter pylori
Klebsiella aerogenes Klebsiella pneumoniae Klebsiella planticola
Lactobacillus plantarum Lactococcus lactis Legionella pneumophilia
Listeria monocytogenes Micrococcus flavus Micrococcus luteus
Micrococcus varians Mycobacterium tuberculosis Mycobacterium smegmatis
Pasteurella piscida Pseudomonas aeruginosa Pseudomonas fluorescens
Pseudomonas putida Pseudomonas syringae Ralstonia solanacearum
Rhizobium leguminosarum Rhizobium meliloti Rhodococcus rhodochrous
Salmonella enteridis Salmonella typhi Salmonella typhirium
Serratia marcescens Shigella dysenteriae Sinorhizorium meliloti
Streptococcus faecalis Tenacibaculum sp. Vibrio anguillarum
Vibrio campbellii Vibrio cholerae Vibrio fischeri
Vibrio harveyi Vibrio mimicus Vibrio natriegens
Vibrio parahaemolyticus Vibrio proteolytica Vibrio shiloi
Vibrio vulnificus types 1 et 2 Xanthomonas campestris

La spectroscopie optique était déjà utilisée, dans les années 90, pour la détection des allergènes dans l’air. Elle a été adaptée et depuis 2005 sa sensibilité et  sa spécificité ont été améliorées afin de répondre aux besoins de l’industrie pharmaceutique et des environnements ultrapropres.

« Stress thermique, chimique, absence d’eau, passage d’un milieu hostile et carencé à un milieu nutritif riche, facteurs de croissance manquants, teneur en CO2 ou O2… Un rapport publié en 1997 par Heidelberg et al. indique que beaucoup de bactéries restent viables après avoir été aéroportées, mais perdent leur faculté de former des colonies. »

Il est dors et déjà reconnu que les aérobiocollecteurs possèdent une efficacité biologique et une efficacité physique d’impaction très variables d’un modèle à un autre selon la vitesse d’impaction, la conception des cribles ou l’utilisation de milieu complémentés.

L’ensemble des éléments cités plus haut rappelle simplement à la vigilance et à l’ouverture sur de nouvelles technologies plus sensibles, ceci même si les techniques classiques ont été éprouvées et ont fait leurs preuves depuis des années.

La position de la FDA est claire sur ce sujet : la division spécialisée dans l’évaluation des RMM voit d’un oeil favorable l’adoption de nouvelles technologies plus sensibles et résolutives permettant une meilleure connaissance et donc un meilleur contrôle des process.

Ce que promet déjà cette technique est « la détection simultanée de la taille et de la nature des contaminants ».

Le système Biovigilant:

« L’IMD-A de Biovigilant a été validé dans le laboratoire G-lab du groupe Yamatake à Fujisawa au Japon, niveau de sécurité P2. »

Ce nouveau système « utilise une propriété naturelle de certains métabolites présents dans les micro-organismes : l’émission d’un rayonnement de fluorescence en réponse à l’excitation induite par de la lumière laser. Le NADH (nicotinamide adénine dinucléotide oxydé) et la riboflavine sont deux coenzymes utilisés pour les formes végétatives et l’acide dipicolinique (constituant de la paroi) pour les formes sporulées. »

Deux informations seront données, la taille de la particule obtenue en diffraction de la lumière laser et, au même instant et en fonction de la détection ou non de la fluorescence, s’il s’agit d’une particule inerte ou biologique (figure ci-dessous, source: http://www.processpropre.fr/Archives-article/Fiche/941#)

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« La fluorescence est captée par un réflecteur semi-ellipsoïdal dont la fonction est de recueillir, d’amplifier considérablement et de focaliser le signal sur le tube photomultiplicateur.

La chambre optique a été mathématiquement modélisée (ci dessous), la forme particulière du réflecteur va collecter la fluorescence émise par le micro-organisme selon un angle de 270 degrés, amplifiant par un facteur 100 à 1 000 le signal par rapport à des systèmes optiques classiques, qui détectent la fluorescence sur quelques degrés, voire moins. Ce dispositif rend possible la visualisation en temps réel sans marquage préalable.

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Le coeur du système est conçu avec un niveau de bruit remarquablement bas, la fluorescence induite par une bactérie monodispersée étant très faible. De nombreux seuils, en fluorescence, en diffraction laser et sur des ratios de ces deux grandeurs ont été définis puis validés pour garantir la spécificité du système aux micro-organismes, bactéries, levures et moisissures.

Biovigilant a également développé une particule submicronique » (taille inférieure au micron)  « présentant une réponse en fluorescence comparable à celle d’une bactérie monodispersée. Cette dernière est utilisée pour vérifier le seuil de détection.

Le système va plutôt détecter les organismes viables, même si aucune garantie sur ce point n’est revendiquée par le concepteur. Dans le cas de destruction par des agents chimiques oxydants, les métabolites sont dénaturés et ne fluorescent plus. Dans le cas de destruction par la chaleur sèche ou chaleur humide le signal passe en dessous du seuil de détection après une durée très variable d’un micro-organisme à un autre, de quelques heures à quelques jours. »

Il est possible de trouver les informations de validation de la technique (matériel, souches, conditions environnementales, modélisations mathématiques) sur l’article source.

Conclusion

« L’IMD-A est un puissant outil analytique dont l’utilisation est particulièrement pertinente lors de media fill tests, d’analyses de risque ou encore lors d’investigations sur des sources potentielles de microcontaminations.

Le système apporte une solution en temps réel et indépendante des contraintes complexes de biocollection et de croissances rencontrées sur les méthodes classiques.

Cette technologie permet également un véritable contrôle en continu du niveau de contamination microbiologique et de fait s’intègre parfaitement dans des démarches de Quality by Design. »

Cependant, le système ne permet pas la récupération des germes pour une analyse ultérieure, ce qui dans de nombreux cas en hygiène hospitalière pose un véritable soucis dans les enquêtes épidémiologiques lors de cas d’infections. Aucune comparaison de souches par le biais d’une technique de biologie moléculaire n’est possible.

Source:

http://www.processpropre.fr/Archives-article/Fiche/941

autres sources:

http://www.biovigilant.com/PDFs/Articolo%20Bolotin.pdf  (en italien)

http://www.promedianet.it/pdf_articoli/lab_05_36-37.pdf (en italien)

DOSSIER : Surcoût des événements indésirables associés aux soins, escares et IAS parmi les risques les plus coûteux.

L’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDS) nous propose un document de réflexion majeur dans l’estimation des surcoûts de la santé liés aux évennements indésirables liés aux soins.

Ainsi, l’IRDS a repris les indicateurs de sécurité des patients (Patients safety indicators, PSI) qui ont initialement été développés par l’Agency for Health Care Research and Quality (AHRQ) aux Éats-Unis à partir de donnés médico-administratives (MacDonald 2002 ; Romano, 2003). « Une quinzaine d’indicateurs PSI couvrant cinq grands domaines (infections nosocomiales, événements sentinelles, complications opératoires et postopératoires, obstétrique et autres événements indésirables associés aux soins) ont été privilégiés pour les comparaisons internationales, en prenant en compte la faisabilité et la pertinence des codes communs pour décrire les pathologies (Miller et Mattke, 2004). » explique le rapport.

Si les PSI ne fournissent pas un jugement sur la gravité des événements indésirables ils se concentrent néanmoins sur la notion d’événements indésirables présentant un caractère évitable (McDonald et al., 2002 ; Miller et al., 2001).

Deux bases de données hospitalières ont été mobilisées pour produire des estimations des coûts au niveau national: la base de l’Étude nationale de coût à méthodologie commune (ENCC) de l’année 2007 et celle du Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) de l’année 2007.

Les PSI retenus pour l’étude ont été:

PSI 3 – Escarre de décubitus

PSI 5 – Corps étranger oublié pendant une procédure de soins

PSI 7 – Infection liée aux soins médicaux (infection sur cathéter vasculaire)

PSI 10 – Désordre physiologique et métabolique postopératoire

PSI 12 – Embolie pulmonaire et thrombose veineuse profonde postopératoire

PSI 13 – Septicémie postopératoire

PSI 15 – Difficulté technique lors d’une procéure de soins –Lacéation ou piqûe accidentelle au cours d’un soin

PSI 18 – Traumatisme obstérical du vagin lors d’un accouchement par voie naturelle – avec instrument

PSI 19 – Traumatisme obstérical du vagin lors d’un accouchement par voie naturelle – sans instrument

A partir des neuf PSI retenus dans cette étude,  15 107 séjours ont été identifiés avec un événement indésirable lié aux soins au sein de l’ENCC 2007, soit un peu plus de 0,5 % du total des séours de l’ENCC (3 millions) contre 98 288 séjours repérés dans le PMSI-MCO de la même année, soit près de 0,5 % des séjours également.

Le rapport déclare que, « comme attendu, il existe de fortes disparités de surcoûts entre les différents PSI. Le surcoût moyen pondéré varie de 505 € pour les traumatismes obstétricaux lors d’un accouchement par voie naturelle (PSI 18/19) à 23 132 € pour les septicémies (PSI 13). Les infections associés aux soins (PSI 7) et désordres physiologiques et métaboliques post-opéatoire (PSI 10) affichent les coûs les plus élevés après le PSI 13, aux alentours de 10 000 €. Les surcoûs sont étroitement corrélés avec l’allongement des durées de séjours induit par la survenue de ces événements. »

« Les infections et les escarres sont parmi les événements indésirables qui prolongent les séjours de manière significative (respectivement 14,8 jours et 11,1 jours, soit des séjours 3 à 4 fois plus longs que la moyenne). « 

La durée de séjour n’est pas le seul déterminant des surcoûts liés aux EIS, en effet son impact dépend de l’intensité des soins fournis.  notons tout de même que si le coût le plus élevé reste imputé au PSI 10 Désordre physiologique et métabolique postopératoire, dont le coût moyen est estimé à 10 881 € entraînant un coût total conséquent de 285 millions d’euros, soit près de 40 % du coût total des événements indésirables étudiés, le cas des septicémies et des escarres reste important avec les surcoûts qui sont respectivement de 174 millions (23 % du coût total des événements indésirables graves) et 125 millions d’euros (17 % du coû total des événements indésirables graves).

« Quelle que soit la méthode d’estimation, ce sont les Désordres physiologiques (PSI 10) qui ont le surcoût total le plus élevé, suivis par la prise en charge des septicémies (PSI 13), des escarres (PSI 3) et des embolies pulmonaires (PSI 12). Le PSI 10 représente un tiers du surcoût total des événements indésirables. A eux quatre, ces événements représentent plus de 90% du surcoût total des événements indésirables qui atteint 665 millions d’euros. » souligne le rapport.

 Source:  http://www.irdes.fr/EspaceRecherche/DocumentsDeTravail/DT44EstimationSurcoutsEvenementsIndesSoinsHopitalFrance.pdf

TJP

Les punaises de lit, une invasion en France qui se confirme.

Les punaises de lit ou Cimex lectularius voir Cimex hemipterus arrivent en France:

« Les punaises de lits sont devenues un problème mondial depuis 10 ans dans tous les lieux d’hébergement. La grande difficulté de cet insecte qui pique l’homme, est qu’elles ne vivent que la nuit. La lutte contre les punaises de lits est extrêmement complexe et toute son efficacité dépend de sa détection. »

« Après avoir infesté New York, les punaises de lit font leur retour en France. Cachées dans les draps, les matelas et sommiers, elles attaquent la nuit et sucent le sang des dormeurs, qui ont bien du mal à s’en débarrasser. » 2

« Longtemps tenu pour exterminée, on assiste actuellement au retour de la punaise des lits dans les zones métropolitaines. Elle peut se retrouver partout tels hôtels, dortoirs, hôpitaux, gîtes et résidences privées. Contrairement à la croyance populaire, sa présence n’indique pas un manque de propreté. Son corps est large, plat et son abdomen est de forme ovale. Brun-rouge et sans ailes, un adulte à jeun mesure environ 6 à 10 mm de long. Elles sont actives et visibles la nuit, et on les trouve généralement le long des coutures des matelas. Elles se nourrissent du sang des humains. Les punaises des lits dérangent les gens sans poser de risque important pour la santé. Comme pour le moustique, certaines personnes sont allergiques à leur morsure, qui cause une enflure, des cloques et parfois même une infection. Toutefois, la punaise n’est pas vectrice d’une quelconque maladie véhiculée par le sang. La punaise des lits est déplacée vers les habitations pour y pénétrer ensuite par le biais de meubles ou d’articles de literie infestés. On l’amène également à l’intérieur par la voie des bagages ou des vêtements »3

la Ville de Montréal et la Direction de santé publique de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal (DSP), avaient lancé  conjointement en octobre 2010 un guide pratique Les punaises de lit : Mieux les connaître pour mieux les combattre. 4

En milieu hospitalier, le sujet fait débat depuis quelques années au coeur des Journées Techniques CS3D de Bordeaux. 5

Ce petit animal peut vivre en 3 et 15 jours entre 2 repas, une femelle adulte peut pondre 5 à 15 oeufs par jour et entre 200 à 500 oeufs au cours de sa vie, la durée de vie d’un individus est de 6 à 24 mois, le cycle de vie d’oeuf à oeuf est de 40 à 70 jours.

Les punaises sont soupçonnées de transmettre des agents infectieux, mais on ne retrouve aucune étude démontrant qu’elles sont vecteurs de maladies infectieuses. 45 agents infectieux sont soupçonnés d’utiliser les punaises de lit comme vecteur.6

A Toulouse, depuis quelques mois, une nouvelle méthode de traque est mise en place par une micro-entreprise pour le milieu communautaire à l’aide d’un chien (Lévrier Whippet) dressé à la détection de ces insectes.7

TJP

Sources scientifiques ou références officielles:

(lien uniquement accessible aux membres du forum) http://biohygieniste.leforum.eu/t239-Lancement-d-un-guide-sur-les-punaises-de-lit-a-Montreal.htm?q=punaises

5 https://docs.google.com/open?id=0BwnwRx4DEFCEODZlM2MyMTYtNTJlZS00ZGI3LWFmYWYtYTgzMDcwMTkyYjBk

« Bedbugs and Infectious Diseases » Pascal Delaunay, Véronique Blanc, Pascal Del Giudice, Anna Levy-Bencheton, Olivier Chosidow, Pierre Marty1, Philippe Brouqui

sources:

http://etablissements.fhf.fr/annuaire/hopital-actualite.php?id=803

2 http://www.lejdd.fr/Societe/Sante/Actualite/Les-punaises-debarquent-en-France-234238/

3 http://www.abcgp.ca/fr/bibliotheque-parasites.asp?parasite=57

7 http://www.20minutes.fr/article/822494/punaises-lit-tapis

e-SIN modernisation du système de déclaration des infections nosocomiales.

Le signalement externe des Infections Nosocomiales (IN), depuis 2001, a pour objectif de détecter rapidement certaines infections rares, graves et/ou épidémiques afin d’en assurer le contrôle. Ce système d’alerte, mis en place de manière réglementaire, accompagne au quotidien les établissements de santé dans leur gestion du risque infectieux et contribue ainsi à la sécurité des patients. Il a permis de détecter en France des infections sévères et émergentes, telles que Clostridium difficile ou plus récemment des souches d’entérobactéries productrices de carbapénémases (EPC). Le système reposait jusqu’à présent sur un échange de formulaires transmis par fax, reçus d’abord par l’Agence Régionale de Santé (ARS) et les Comités Centraux de Lutte contre les Infections Nosocomiales (CClin), puis transmis dans un second temps aux Antennes Régionales de Lutte contre les Infections Nosocomiales (Arlin) et à l’Institut Nationale de Veille Sanitaire (InVS).

Ce système relativement complexe étant lourd pour les différents acteurs, il fallait mettre à disposition de ceux-ci un outil commun, collaboratif, pouvant centraliser de manière sécurisée les informations de déclaration de façon anonyme.

Depuis le 10 octobre 2011, l’Institut de veille sanitaire (InVS) lance le déploiement en France de l’application e-SIN, nouvel outil web sécurisé de signalement des infections nosocomiales (IN). En préparation et développement depuis 2008, cet outil est le fruit de l’association de tous les acteurs concernés : établissements de santé (ES), ARS (Agences régionales de santé), CClin (Centres de coordination de la lutte contre les IN), antennes régionales de lutte contre les IN (Arlin), ministère en charge de la Santé et InVS.

« e-SIN doit permettre aux professionnels des Etablissements de Soins, praticiens hygiénistes (EOH) et responsables du signalement, de se connecter sur un site internet sécurisé afin de remplir et valider une fiche de signalement et de la rendre accessible à ses destinataires (CClin et ARS, puis InVS). En s’affranchissant du papier, e-SIN allègera la charge de travail de chaque acteur et leur offrira une réactivité et interactivité nouvelles : transmission rapide des informations, échanges sécurisés, suivi de la gestion d’une alerte et de la prise en charge d’un épisode signalé. Chaque utilisateur aura accès, dans la limite de ses droits, à l’historique des signalements et à une restitution automatisée à des fins statistiques, à partir de cette nouvelle base de données nationale, unique et anonymisée » indique InVs sur son site.

Le calendrier du déploiement e-SIN est prévu en cinq phases à partir du 10 octobre en commençant par l’interrégion Est ; les interrégions Ouest, Sud-Ouest, Sud-Est et Paris-Nord suivront jusqu’en décembre 2011. Pour accompagner les équipes des établissements de santé durant ce déploiement, des outils pédagogiques sont mis à leur disposition et des sessions de formation sont organisées par les CClin. Par ailleurs, l’InVS publie dès septembre une lettre électronique bimestrielle (« Infections nosocomiales – La lettre du signalement ») afin de les sensibiliser au développement d’une culture de la sécurité du patient.

« Au 1er janvier 2012, tous les établissements de santé réaliseront leurs signalements par voie électronique et e-SIN mettra ainsi en contact plus de 4 500 utilisateurs. »

e-SIN constitue une étape importante dans la volonté de l’InVS de moderniser les systèmes et pratiques de surveillance en santé publique. Il préfigure l’arrivée d’autres outils de télédéclaration qui seront progressivement mis à disposition des professionnels de santé, pour les maladies à déclaration obligatoire par exemple.

TJP

Sources:

http://www.invs.sante.fr/Espace-presse/Communiques-de-presse/2011/e-SIN-le-nouvel-outil-du-signalement-des-infections-nosocomiales

http://www.cclinparisnord.org/CLIN/JourCLIN2011/THIOLET2_300511.pdf