Archives de Catégorie: Infections sexuellement transmissibles

Après les expériences mortelles au Guatemala et en Alabama, la bioéthique américaine se renforce…

source image: http://www.kellykite.com/590/syphilis.html

La bioéthique américaine tente de tirer les leçons de deux affaires scandaleuses qui ont pour lien un certain docteur John Culter,décédé en 2003.

Ces deux affaires concernent l’inoculation, à l’insu de milliers de cobayes, de maladies sexuellement transmissibles tel que la syphilis et la blenorragie.

La première affaire a lieu entre 1932 et 1972, au  Guatemala:

Des scientifiques américains lancent des expériences visant à déterminer si la pénicilline, dont on commençait à se servir, pouvait prévenir diverses maladies sexuellement transmissibles.

Durant 40 ans, 399 hommes noirs ont été contaminés par la syphilis dont 256 « participants » avaient été consciemment privés de traitement, même lors de l’arrivée de nouvelles thérapies, afin d’étudier l’évolution de la maladie. Les PHS avaient donc volontairement exposé et infecté des populations vulnérables aux maladies sexuellement transmissibles. . Des travailleurs saisonniers avaient été recrutés par les autorités médicales dans le cadre d’une recherche, les chercheurs leur avaient menti en leur disant les traiter pour d’autres problèmes de santé.

Cette étude est rejointe par le Dr John Charles Cutler dans les années 60.

Début octobre 2010, la présidence du Guatemala avait annoncé que le président Alvaro Colom allait diriger une commission spéciale d’enquête sur ces expériences, qu’il avait qualifiées de « crimes contre l’Humanité ».

La seconde affaire a lieu en Alabama entre 1946 et 1948:

L’ historienne Susan Reverby, du Wellesley College a découvert en 2010 des documents attestant qu’au cours des années 1946-1948, deux institutions sanitaires des USA (le département de santé publique, US-PHS, et l’institut national de la santé, NIH), l’organisation panaméricaine de la santé et le gouvernement guatémaltèque ont mené un projet de recherche secret sous l’égide de John Charles Cutler qui rejoindra dans les années 60 l’affaire précédente.

Au total, 5500 personnes auraient été concernées par ces expériences. Selon la présidente de la commission, Amy Gutmann, il s’agit là d’une « injustice historique » faite aux populations concernées. Elle a assuré que l’enquête en cours cherchait « à honorer les victimes et à nous assurer que cela ne se reproduira plus ».

Une commission d’enquête américaine se penche à ce jour sur les conséquences de ce drame. Cette commission a étudié plus de 125.000 documents liés à ces expériences et doit rendre ses conclusions finales en septembre.

Les chercheurs avaient choisi comme cobayes des personnes vulnérables, y compris des malades mentaux, et ne les ont informées ni de l’objet de leur recherche, ni de ce qui allait leur arriver. Pire : ils les ont encouragées à transmettre des maladies sexuelles et n’ont pas traité celles qui ont contracté la syphilis.

Le 1er octbre 2010, « Les USA s’excusent d’avoir inoculé sciemment des MST à des Guatémaltèques »

Aujourd’hui:

La Commission présidentielle américaine pour l’étude des questions bioéthiques travaille à la recommandation de normes de protection renforcées pour les personnes qui participent aux essais cliniques. La Commission américaine pointe aussi l’absence de fichier centralisant les participants aux études cliniques, du moins en ce qui concerne les recherches financées dans le monde, par les Etats-Unis. Une réflexion relayée dans l’édition du 2 septembre du British Medical Journal.

TJP

sources:

« Les USA s’excusent d’avoir inoculé sciemment des MST à des Guatémaltèques » dépêche AFP Karin ZEITVOGEL  du 01/10/2011

US commission recommends increased protection for people in research after reviewing 1940s syphilis study

autres sources:

http://www.santelog.com/modules/connaissances/actualite-sante-bioeacutethique-les-us-pour-des-normes-de-protection-accrue-des-participants-aux-essais-cliniques_6252_lirelasuite.htm#lirelasuite

http://lci.tf1.fr/monde/amerique/mortelles-experiences-americaines-au-guatemala-6663851.html

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Sida menaces et espoirs

A Rome ce jour, à l’occasion de la « Conference on HIV pathogenesis treatment and prevention »,

Médecin sans Frontière dénonce dans son rapport publié ce jour, un déséquilibre d’accès aux anti-rétroviraux entre les pays riches, les pays pauvres ayant droits aux aides et les pays intermédiaires n’ayant aucune aide. « Dans les pays les plus pauvres, les prix continuent de baisser, explique Nathan Ford, directeur médical de la Campagne d’Accès aux Médicaments Essentiels de MSF. Mais un nombre important de personnes vivant avec le VIH/sida habitent dans des pays à revnus intermédiaires exclus par ces réductions de prix. »

« Les programmes de réduction du coût des ARV mis en place par les compagnies pharmaceutiques ne sont pas une solution à long terme, explique Janice Lee, pharmacienne spécialiste du VIH/sida à La Campagne d’accès aux médicaments essentiels de MSF. Lorsque les brevets constituent un obstacle à l’accès et que les producteurs refusent de diminuer les prix, les gouvernements sont obligés de contourner les brevets afin de garder en vie les personnes atteintes du VIH dans leurs pays ».

« Nous observons que lorsque les brevets n’entravent pas l’utilisation de médicaments génériques, le coût des médicaments diminue, poursuit Janice Lee. Or, ces baisses de prix laissent espérer d’atteindre le nouveau objectif des Nations Unies : mettre 15 millions de personnes sous traitement d’ici 2015 ».

Cependant, beaucoup d’espoirs commencent à être récompensés par la mise en lumière de résultats de travaux,  démontrant l’efficacité du rôle préventif des anti-rétroviraux . En effet, le traitement précoce d’une personne infectée par le virus empêche dans plus de 96% qu’elle ne transmette l’infection.

Le premier essai, mené par le Centre international de recherche clinique de l’Université de Washington, baptisé Partners sur la  prophylaxie pré-exposition a  été conduit au Kenya et en Ouganda auprès de 4758 couples sérodifférents. trois groupes de sujets on été constitués : dans le premier, le partenaire non infecté par le VIH  recevait un comprimé de Ténofovir par jour , dans le deuxième il était « traité » par Ténofovir/Emtricitabine, tandis que dans le troisième un placebo lui était administré. Le nombre d’infections par le VIH retrouvé  était inférieur de 62 et  73 % pour les deux premiers groupes par rapport aux sujets ayant reçu un  placebo.

Dans un essai réalisé au Bostwana chez 1 200 hommes et femmes hétérosexuels non séropositifs (mais pas nécessairement en couple). Menée par le Center of Disease Control d’Atlanta (CDC), l’étude TDF2 a révélé que la prise de  Ténofovir/Emtricitabine a permis de réduire le risque de contracter le virus du Sida de 63 % par rapport aux patients ayant reçu pendant la même période d’un an  un placebo. Ces résultats s’ajoutent à ceux d’une étude présentée en mai concernant des couples homosexuels sérodifférents et aboutissant à des résultats semblables.

L’étude a été arrêtée au niveau des résultats intermédiaires qui étaient suffisamment concluant pour rendre la poursuite de l’étude impossible sur le plan de l’étique vis à vis des personnes prennant le placebo.

Ces découvertes devraient encourager les personnes à se faire dépister. Le complément d’autres moyens de contraception, tel que l’usage du préservatif parait plus ce que jamais essentiel cependant.

sources scientifiques:

http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1105243?query=featured_home&

http://www.anrs.fr/content/download/3721/20211/file/CP%2013%20mai%202011%20-%20HPTN%20052.pdf

sources presse:

http://www.msf.fr/2011/07/18/10201/sida-lacces-a-des-arv-a-prix-modere-menace/

http://www.msf.fr/2011/07/13/9901/sida-de-nouveaux-medicaments-pour-certains-pays-pas-pour-tous/

http://www.leparisien.fr/societe/sida-un-traitement-plus-efficace-que-prevu-18-07-2011-1536885.php

http://www.jim.fr/en_direct/pro_societe/e-docs/00/01/EA/BF/document_actu_pro.phtml

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/infos-generales/medecine-sante/afp_00360950-sida-montee-en-puissance-des-antiretroviraux-en-matiere-de-prevention-193787.php

Neisseria gonorrhoeae H041 une nouvelle souche encore plus résistante

Comme beaucoup d’infections sexuellement transmissibles (I.S.T) , la blennorragie ou gonorrhée, couramment appelée « chaude-pisse » est en recrudescence en France ces dernières années comme l’indique l’INVS dans un communiqué du 19 août 2010. Elle touche essentiellement des sujets jeunes, le plus souvent des hommes (environ 85 %), chez qui elle provoque des urétrites douloureuses.

Une souche multi-résistante a été découverte au Japon par l’équipe suédoise du Pr Magnus Unemo, , grâce a des échantillons prélevés à Kyoto, qui a mis en évidence sa résistance à toutes les céphalosporines y compris celles de 3ième génération. L’annonce a été faite lors de la 19e conférence de la Société internationale pour la recherche sur les maladies sexuellement transmissibles.

L’évolution vers cette « super-résistance » n’est pas étonnante quand on observe la cinétique d’apparition des différentes résistances chez Neisseria gonorrhoeae.

« C’est une découverte à la fois alarmante et prévisible. Depuis que les antibiotiques sont devenus le traitement de base pour la gonorrhée dans les années 40, cette bactérie a montré une capacité remarquable à développer des mécanismes de résistance à tous les médicaments présentés pour la combattre  » explique le Pr Magnus Unemo

Outre les complications engendrées par une telle infection elle ouvre une voie d’accès aux autres IST telles que le HIV.

Il est encore prématuré de dire que la souche se diffusera au niveau mondial. Mais aux dires du Pr Magnus Unemo, le Japon serait un lieu traditionnel d’émergence de gonocoques qui se répandent dans le monde.

Rappelons enfin, qu’en présence de signes cliniques ou en cas de prise de risque (rapport non protégé avec un partenaire occasionnel ou avec des partenaires multiples), il est recommandé de consulter un médecin. Le traitement antibiotique doit être adapté selon les recommandations de l’Afssaps et comme pour toutes les IST, l’usage du préservatif est le meilleur moyen d’éviter une éventuelle contamination par le gonocoque.

sources scientifiques:

Communiqué de presse « Progression des infections à gonocoque en France »  INVS  Saint Maurice, le 19 août 2010

19e conférence de la Société internationale pour la recherche sur les maladies sexuellement transmissibles

sources presse:

http://www.sciencesetavenir.fr/actualite/sante/20110712.OBS6931/gonococcies-une-souche-bacterienne-multiresistante-isolee.html

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/medecine/d/une-nouvelle-souche-de-gonorrhee-resistante-aux-antibiotiques_31359/

http://www.lefigaro.fr/sciences/2011/07/11/01008-20110711ARTFIG00387-un-supergonocoque-resistant-a-tous-les-antibiotiques-usuels.php