Archives de Catégorie: Désinfection

Contrôles microbiologiques en endoscopie et indicateurs

Sans titre FBH2La mode des indicateurs qualité est arrivée c’est plus que jamais une réalité.

Mais alors en quoi ça consiste ?

Un indicateur est sensé être une valeur ou une série de valeurs représentative(s) d’un système et comparé(es) à une échelle de valeurs ou d’objectifs permettant de déterminer où nous nous situons dans le but de mettre en oeuvre des actions dites « correctives ».

Mais la mode des indicateurs est plus devenue une course aux statistiques, aux chiffres quels que soient les objectifs pourvu qu’on sorte un chiffre. Ah vive la certif !!!!

Plus sérieusement, en microbiologie liée à l’endoscopie plusieurs objectifs sont à maîtriser urgemment.

  • Le nombre de prélèvements d’endoscopes de retour de réparation conformes. Cet indicateur permet de faire une évaluation du prestataire qui rend les endoscopes réparés.
  • Le nombre de prélèvement d’endoscopes en circulation conformes (en retirant les prélèvements réalisés suite à prélèvements précédents non conformes car ceux-ci sont majoritairement négatifs après une double désinfection et diluent la significativité de ce nombre dans un taux de conformité global). Cet indicateur est le plus important car c’est celui qui met en évidence le risque réel pour le patient.

La conformité globale ne satisfait que les qualiticiens peu regardants des actions menées derrières en effet celle-ci noie les chiffres dilués souvent par :

  • les résultats majoritairement conformes des prélèvements réalisés après une procédure de double nettoyage et double désinfection.
  • les résultats majoritairement conformes des prélèvements réalisés après retour de réparation.

Il est important aussi de construire un indicateur sur la qualité des eaux dont le plus important celui des eaux de rinçages. Les eaux d’alimentation de laveur-désinfecteur est un indicateur de terrain pouvant faciliter la mise en place d’actions en cas de problèmes avec l’eau de rinçage final.

D’autre indicateurs peuvent être mis en place :

  • Rapport équipe / activité endoscopique
  • La fréquence des germes retrouvés (histogrammes)
  • La pyramide des âges des endoscopes permettant d’anticiper les renouvellement (moins de 5000 actes)
  • La traçabilité (complexe est lourd indicateur …)

En substance il faut toujours construire un indicateur en regard des actions correctives qui peuvent être menées.

TJP

Journée Thématique de l’ABE « Endoscopie » 14 juin 2013

Vendredi 14 juin 2013, Thierry Pialleport Président de l’Association des Biohygiénistes Européens et le bureau, ont organisé une journée thématique sur l’endoscopie, dans les locaux du siège social de l’association, le lycée Pierre-Gilles De Gennes-ENCPB, 11 rue Pirandello – Paris 13.

DSCF2583

T. PIALLEPORT / Photo FBH/ABE(c) 2013

Cette journée a réuni plus de 70 professionnels venus de toute la France « Bordeaux, Saint-Nazaire, Vendée, Sables d’Olonne, Châteauroux, Versailles, Melun, Pontoise, APHP Paris » …et de spécialités diverses : « praticiens hygiénistes, cadres et infirmiers hygiénistes, biohygiénistes, personnels infirmiers et médico-techniques en endoscopie.

Après l’accueil des participants, la journée a débuté par une revue des publications et des cas concrets de contamination d’endoscopes à l’origine possible d’infections nosocomiales sporadiques ou épidémiques par Lisa Garcia, biohygiéniste au Centre Hospitalier de Chartres.

IMG_0006

L. GARCIA / Photo FBH/ABE(c) 2013

La matinée s’est poursuivie avec un rappel des conditions et des techniques de prélèvement (pré-requis, périodicité, technique de prélèvement, analyses) mais également la conduite à tenir vis-à-vis des résultats par Nicolas Arangia, biohygiéniste à l’Hôpital de Bicètre.

Imane ALAABOUCHE, biohygiéniste aux Hôpitaux universitaire Paris Centre Cochin – Broca – Hôtel Dieu, a interrogé l’auditoire sur le problème de l’utilisation des endocopes durant les gardes.

Avant la pause-déjeuner, Emilie Haverbeque Biohygiéniste au Centre Hospitalier de Valenciennes a abordé les problématiques concernant les armoires de stockage de plus en plus installés dans nos établissements.

L’après-midi a été l’occasion pour les participants de rencontrer 2 fabricants d’endoscopes (Olympus et Fujinon) autour d’ateliers pratiques consacrés à différents thèmes dont l’anatomie d’un endoscope, la réalisation pratique du prélèvement sur maquettes et un point sur le matériel et les produits nécessaires à la désinfection et d’un fabricant d’Enceinte de Stockage d’Endoscopes Thermosensibles ESET (Anios).

IMG_0017

Stand FUJINON / Photo FBH/ABE(c) 2013

Au moment de clore cette journée, l’Association des Biohygiénistes Européens (A.B.E.) a communiqué la date du 09ième Congrès « Biologie et Hygiène Hospitalière » qui aura lieu le mardi 08 avril 2014 au lycée Pierre-Gilles De Gennes-ENCPB, 11 rue Pirandello – Paris 13.

Des informations complémentaires sur ce 9ième congrès seront disponibles sur la page Internet de l’ABE dans les prochains mois.

Sporicidie en 5 minutes, mythe ou réalité ?

Dans le cadre de la désinfection des endoscopes la sporicidie en 5 minutes devenait une aubaine dans le cadre d’une amélioration ergonomique, organisationnelle et d’un gain de temps de travail. L’annonce a forcément été prise à la hâte par certains établissements comme une solution matérielle a d’éventuelles difficultés organisationnelles ou de ressources humaines, mais qu’en est t’il réellement ?

La SF2H n’a pas tarder à prendre posistion sur cette annonce et explique qu’actuellement 3 normes sont disponibles pour la détermination ou l’évaluation de l’activité sporicide des désinfectants, une norme française (NF T72-230/231) et deux normes européennes (NF EN 14347 et NF EN 13704). La norme NF T72-230/231 est la méthode française de référence pour l’évaluation de l’activité sporicide des désinfectants. Cette norme de base, utilisable dans tous les domaines y compris médical, est toujours d’actualité n’ayant été que partiellement remplacée par les normes européennes NF EN 14347 et NF EN 13704. La norme NF EN 14347 est une norme européenne de phase 1 utilisable dans tous les domaines y compris le domaine médical. La norme NF EN 13704 est une norme européenne d’application de phase 2 étape 1 réservée aux désinfectants utilisés dans le domaine de l’agro-alimentaire, dans l’industrie, dans le domaine domestique et en collectivité.

La SF2H rapelle un fait important, «  la liste positive des désinfectants (LPD) de la SF2H retenait comme critère d’inclusion, pour les désinfectants de dispositifs médicaux thermosensibles (rubrique D), la conformité à la norme NF T72-230/231 ou à la norme NF EN 14347 (référence LPD juin 2009). La norme NF EN 13704, bien qu’existant depuis 2002, n’a jamais fait partie des critères de sélection de la LPD, du fait de conditions opératoires particulières, non adaptées au domaine médical.

La revendication d’un temps de contact réduit pour la désinfection de haut niveau repose sur l’utilisation, par certains fabricants, de la norme NF EN 13704, en l’état ou modifiée » explique la SF2H.

La SF2H attire son attention sur 4 points importants et nous ajouterons un 5ième point sur l’aspect COFRAC mis en avant par certains laboratoires.

« 1- La norme NF EN 13704 ne peut pas être prise en compte en l’état pour démontrer l’activité sporicide d’un désinfectant de DM. En effet, plusieurs éléments la rendent non adaptée à la désinfection des dispositifs médicaux critiques :

– une seule souche est obligatoire (Bacillus subtilis), alors que Bacillus cereus peut être une souche limitante pour des désinfectants à base d’acide peracétique ;

– la réduction de 3 log est insuffisante au vu de l’objectif visé.

2- Certains fabricants modifient actuellement les conditions opératoires de la norme NF EN 13704 (inoculum, réduction logarithmique, souches, …) pour l’adapter au domaine médical. Or, la norme NF EN 14885 « Application des Normes européennes relatives aux antiseptiques et désinfectants chimiques » précise que si une norme est modifiée dans sa méthode, les fabricants ne peuvent pas en revendiquer la conformité. La modification de la norme NF EN 13704 s’appuie sur un projet de révision de la norme NF EN 14885, non encore publié à ce jour. Ce projet s’oriente vers une utilisation possible à l’avenir de normes d’un autre domaine :

– en l’absence de norme adaptée, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui (2 normes de sporicidie à disposition) et ce qui ne sera pas non plus le cas dans les années qui viennent (norme médicale de phase 2-1 en projet),

– à condition de le justifier scientifiquement,

– sous réserve que l’ensemble des conditions opératoires soient adaptées au domaine d’application du produit.

Si ce principe devait être confirmé, il serait nécessaire d’établir une liste unique des conditions opératoires à mettre en oeuvre pour une adaptation au domaine médical, ceci pour éviter toute modification subjective de la norme par les fabricants. Il resterait toutefois l’impossibilité de revendiquer la conformité à la norme, principe a priori maintenu dans le projet de révision.

3- Dans l’attente de la norme médicale européenne de sporicidie de phase 2-1 (en projet) et conformément à la note d’information de la SF2H sur l’évolution des normes relatives aux antiseptiques et désinfectants entre 2009 et 2011, il est recommandé de continuer à prendre en compte les normes NF T 72-230 et NF EN 14347. Bien que de phase 1, ces deux normes peuvent être utilisées transitoirement en l’absence de norme de phase 2-1 adaptée au domaine médical. Elles sont utilisables en l’état sans modification de la méthode, ce qui permet aux fabricants d’en revendiquer la conformité.

4- Quelle que soit la norme de sporicidie utilisée, les établissements sont également mis en garde vis-à-vis de l’application des nouveaux temps de contact préconisés : ces temps ne doivent pas avoir été établis à la concentration d’emploi du produit mais pour des concentrations inférieures de façon à disposer d’une marge de sécurité. Cette marge est fondamentale compte-tenu du type de dispositif médical traité (critique), de l’instabilité chimique et/ou microbiologique de certaines formulations à base d’acide peracétique et du caractère manuel de la procédure de désinfection de haut niveau. »

5 – Non explicité par la SF2H. La couverture du COFRAC des essais réalisés par un laboratoire ne doit pas être un faire-valoir sur l’efficacité d’un produit. Attention !!! Le COFRAC couvre les essais selon un référentiel … mails il faut absolument vérifier que le référentiel utilisé (la norme utilisée dans le cadre de ces essais) soit en conformité avec le secteur d’application. Ainsi il faut toujours prendre connaissance des normes citées par les fournisseurs afin de prendre connaissance du champ d’application exacte. Rappelons enfin, pour tout résultat labellisé COFRAC, de prendre connaissance de la couverture effective de la labellisation. En effet il n’est pas rare que le logo ne couvre que partiellement la feuille de résultat présentée. Dans ce cas une information explicite doit se trouver sur ce dit document.

TJP

Sources:

Note technique de la commission Désinfection de la SF2H Janvier 2012