Archives de Catégorie: Anti-infectieux non antibiotiques

Epidémie de méningite aux USA dûe à Aspergillus fumigatus après contamination de stéroïdes

Une centaine de cas de méningites à Aspergillus fumigatus ont dors et déjà été recensés dont 12 cas mortels ce jour. Le bilan doit en principe encore s’aggraver.

L’origine de cette épidémie est d’origine médicamenteuse. En effet tous les patients contaminés ont subits une ou des infiltrations de corticoïdes pour le traitement d’inflamations lombaires (lombalgie) entre le 21 mai et le 24 septembre  d’après un porte-parole des Centers for Disease Control (CDC) tout en soulignant « que seulement un petit nombre devrait tomber malade ». Les CDC ont d’ailleurs appelé les médecins à contacter tous les patients ayant reçu les injections en question.

La méningite fongique est une maladie a évolution lente dû au developpement ralenti de la moisissure … Au cours du développement de la maladie la moisissure produit également des toxines pour lui permettre d’attaquer les tissus environnant pour une meilleure implantion de ses spores et de ses filaments. Ces toxines vont s’attaquer entre autre dans le cas présent aux membranes protectrices du cerveaux (méninges) provoquant une inflammation se traduisant par des céphalées. Le diagnostique est souvent réalisé trop tardivement en lien avec une confusion des symptomes avec un état gripale.

Contrairement aux méningites bactériennes et virales, elle n’est pas contagieuse.

Le traitement consiste en une hospitalisation avec des injections d’anti-fongiques.

Selon les autorités sanitaires les échantillon de ce stéroïde correspondent à ceux fabriqués par le groupe pharmaceutique New England Compounding Center. L’entreprise a depuis lancé un rappel de tous ses 17 676 doses et suspendu ses opérations.

sources officielles:

http://www.cdc.gov/hai/outbreaks/meningitis.html

http://www.neccrx.com/

sources presse:

http://www.metrofrance.com/info/steroides-contamines-une-centaine-de-cas-de-meningite-recenses-dont-douze-mortels/mljj!vJGppbjvhi3c/

A lire:

http://www.infectio-lille.com/diaporamas/2011/antifongiques-duacai2011-Rammaert.pdf

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Draco, vers un antiviral universel

L’apoptose consiste en la mort programmée des cellules. Ce phénomène intervient depuis le début de la croissance du foetus dans le ventre de sa mère et après la naissance jusqu’à la fin de sa vie .

L’idée a fait son chemin, déclencher l’apoptose des cellules infectées. En clair demander aux cellules infectées de s’auto-détruire afin d’empêcher aux virus leurs multiplication.

Une méthode nommée DRACO pour Double-stranded RNA Activated Caspase Oligomerizers a été mise au point par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et publiée le 27 juillet dans la revue Plos ONE et par le site du MIT.

Ce médicament cible un type d’ARN produit uniquement dans les cellules infectées par des virus. «En théorie, il devrait fonctionner contre tous les virus», explique Todd Rider, chercheur au Lincoln Laboratory’s Chemical, Biological, and Nanoscale Technologies Group et inventeur de cette méthode.

Le procédé a été testé sur 15 virus tel que le rhinovirus, le H1N1, le virus de la polio, de la dengue ou encore le virus Ebola.

Le large spectre de ce nouveau type de traitement pourrait permettre son utilisation contre certains virus en cause dans les épidémies actuelles mais également contre les futurs virus épidémiques.

Source scientifique:

http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0022572

http://www.ll.mit.edu/news/DRACO.html

http://web.mit.edu/newsoffice/2011/antiviral-0810.html

Sources:

http://www.lepost.fr/article/2011/08/20/2572094_draco-l-arme-absolue-contre-les-virus.html

http://blog.santelog.com/2011/08/19/virus-dracos-un-seul-medicament-pour-toutes-les-infections-virales-mit-et-plos-one/

des levures pour prévenir de l’aspergillose

L’injection de levure de boulanger à des souris permet de les protéger contre plusieurs infections fongiques…

En raison de l’inefficacité des traitement curatif vis à vis de l’aspergillose, la lutte contre cette maladie passe de nos jours par une bonne prévention. En effet le taux de mortalité est très important et oblige les hygiénistes à faire preuve d’ingéniosité pour limiter la propagation des spores dans les établissements de soins (voir ARTICLE Forum des biohygiénistes : La prévention du risque d’Aspergillose et le rôle de la cellule aspergillaire.)  Il s’agit de la deuxième cause de mortalité par infection fongique à l’hôpital. Mais cette tendance pourrait un jour enfin être modifiée.

Des chercheurs du California Institute for Medical Research, ont injecté, à des souris, 3 doses de 2,5 mg de  Saccharomyces cerevisiae (levure de boulanger) à une semaine d’intervalle. Ainsi vaccinées, elles ont réussi à survivre à des doses élevées d’Aspergillus. Les chercheurs ont constaté que la levure procurait une protection contre l’aspergillose aussi efficace que celle induite par des levures conçues pour exprimer les protéines de surface d’Aspergillus.

« Nos résultats suggèrent que la composante qui induit la protection se trouve dans la paroi cellulaire de la levure. De plus, ce vaccin protège aussi contre l’infection due à trois autres champignons Candida, Cryptococcus et Coccidioides. » expliquent les chercheurs.

Reste à d’autres équipes de chercheurs spécialistes de la pathogénicité à découvrir si les souches de levures inactivées demeurent absolument sans risque pour une utilisation à grande échelle.

Le Dr steven indique : « Bien que la vaccination de tous les individus présentant un déficit immunitaire serait un formidable défi, il y a certains groupes de patients qui pourraient être la cible initiale d’un effort vaccinal. Il s’agit notamment des candidats à la transplantation, des patients traités pour leucémie suivante et aussi les patients diagnostiqués avec des tumeurs solides ».

Sources:

Liu M et al. 2011. Saccharomyces as a vaccine against  systemic aspergillosis. Journal of Medical Microbiology, published online  ahead of print on Wed 10 Aug (URL: http://dx.doi.org/10.1099/jmm.0.033290-0)

http://www.examiner.com/science-news-in-national/vaccination-with-baker-s-yeast-protects-against-fatal-fungal-aspergillosis

http://www.sciencesetavenir.fr/actualite/sante/20110810.OBS8350/la-levure-de-boulanger-au-service-des-medecins.html

http://www.maxisciences.com/levure/de-la-levure-de-boulanger-pour-lutter-contre-les-infections-fongiques_art16296.html

http://biohygieniste.leforum.eu/t83-ARTICLE-La-prevention-du-risque-d-Aspergillose-et-le-role-de-la-cellule-aspergillaire.htm

Les cranberries pour prévenir des infections urinaires … la fin d’un mythe ?

La canneberge ou cranberry (Vaccinium macrocarpon) est le fruit d’un arbrisseau d’amérique du nord, qui ressemble à une grande airelle rouge. Ses bienfaits dans la prévention des récidives de l’infection urinaire sont l’objets d’avis divers pour la plupart des gens et ont même fait l’objet d’études scientifiques contradictoires (voir l’encadré en fin d’article. « Des études par centaines » ).

 Tester l’utilisation préventive d’extrait de cramberries contre l’utilisation du triméthoprime-sulfamethazole (TMP-SMX) pendant 12 mois, là aura été l’objectif majeur de cette étude hollandaise. Les fervents défensseurs de l’utilisation modérée des antibiotiques vont hurler au « crime contre l’humanité » de pouvoir penser à utiliser des antibiotiques de manière permanente sur de longues périodes. On peut dire dors et déjà avant de dévoiler les résultats de l’enquête que sur le plan de l’éthique scientifique l’idée même est en situation d’échec face à l’entrée de notre société dans une période de pénurie d’antibiotiques.

Ainsi 221 femmes en phase préménopausique ont été “randomisées” en deux groupes sevoyant soit administrer 480 mg de TMP-SMX le soir et une capsule de placebo deux fois par jour (110 femmes) soit une capsule à base d’extrait de Cranberrie 500mg (Cran-Max) 2 fois par jour, et une capsule de placebo le soir (111 femmes).

Sur les 12 mois de l’étude 4 infections ont été recensées dans le groupe cranberries (IC: 95% de 2.3 à 5.6] contre 1,8 dans le groupe antibiotiques (IC:95% de 0,8 à 2,7), une plus forte proportion de femmes dans le groupe cranberries qui ont présenté durant ces 12 mois, au moins un des symptômes d’infection urinaire (78,2%) contre 71,1% dans le groupe antibiotique, une récidive plus rapide dans le groupe de Cranberrie: première récidive en moyenne 4 mois après le début du traitement, contre 8 mois dans le groupe antibiotique.

A noter que dans le groupe traité au TMP-SMX, après un mois de traitement, la résistance à l’antibiotique a augmenté d’environ 21,1%. 3 mois après l’arrêt du traitement, la résistance bactérienne revient à ses niveaux de départ.

Faut il donc recommander aux femmes préménopausées à infections urinaires répétées de prévilégier l’utilisation d’antibiotiques de manière préventive ? La question doit elle se poser à l’heure où l’on demande bientôt à agruculture de médérer l’utilisation des antbiotiques au quotidien (Emergence d’une salmonelle multirésistante en Afrique 04 août 2011)

Source scientifique:

Cranberries vs Antibiotics to Prevent Urinary Tract Infections archinternmed.2011.306

Sources:

http://www.santelog.com/modules/connaissances/actualite-sante-infections-urinaires-les-cranberries-reacuteellement-efficaces_6031_lirelasuite.htm#lirelasuite

CRANBERRIES-USA.EU

Des études par  centaines

1991: Les scientifiques de l’université  de Tel-Aviv constatent que les cranberries contiennent des molécules  capables d’éviter la fixation de certaines bactéries E.coli sur la paroi  interne de la vessie. I.Ofek, J. Goldhar, D. Zafiri, H. Lis, R. Adar,  N. Sharon : Anti-Escherichia coli adhesion activity of cranberry and
blueberry juices. New England Journal of Medicine 324 (1991), S. 1599

1994 : Des tests cliniques effectués à la Harvard Medical School de Boston, Etats-Unis, révèlent que la consommation régulière de boissons au jus de cranberry réduit de façon notable les bactéries contenues dans les urines des femmes d’un certain âge. J. Avorn, M. Monane, J. H. Gurwitz, R.J. Glynn, I. Choodnovskiy, L.A. Lipsitz : Reduction of Bacteriuria and Pyuria After Ingestion of Cranberry Juice. Journal of the American Medical Association 271 (1994) S. 751-754

1997 : Une étude effectuée par l’université Weber State sur un panel de femmes entre 18 et 45 ans confirme les effets bénéfiques des cranberries. Pendant 6 mois, les participantes de cette étude se sont vues administrer un complément alimentaire à base de cranberries à absorber quotidiennement. La fréquence d’infections urinaires fut réduite significativement par rapport aux femmes auxquelles un placebo avait été administré. E. B. Walker, D. P. Barney, J. N. Mickelsen, R. J. Walton, R. A. Mickelsen Jr.: Cranberry concentrate. UTI prophylaxis. Journal of Family Practice 45 (1997), S. 167-168

1998 : Les scientifiques de l’université Rutgers (New Jersey) ont identifié pour la première fois les substances qui sont responsables de l’effet anti-adhésif bactérien : les proanthocyadinines  (ou tanins condensés) de type « A » avec des doubles liaisons, uniques pour le fruit cranberry.A. B. Howell, N. Vorsa, A. Der Marderosian, L.Y. Foo : Inhibition of the adherence of p-fimbriated Escherichia coli to  uroepithelial-cell surfaces by proanthocyanidin extracts from cranberries.  New England Journal of Medicine 339 (1998), 1085-1086

2002 : Une étude clinique menée par un urologue de l’université British Columbia avec 150 femmes a corroboré que la consommation régulière de jus ou de oudre de cranberries réduisait la récurrence des infections urinaires. Les participants à cette étude ont constaté un net recul de la fréquence des infections urinaires et par conséquent de la nécessité d’un traitement aux antibiotiques. L.Stothers : A randomized trial to evaluate effectiveness and cost effectiveness of naturopathic cranberry products as prophylaxis against urinary tract infections in women. The Canadian Journal of Urology 9 (2002), S. 1558-1562

2004 : Les scientifiques de l’université de Rutgers et de l’université du Wisconsin analysent l’effet anti-adhérence des boissons aux cranberries par rapport aux autres aliments riches en proanthocyadinines. L’étude clinique démontre clairement que les boissons aux cranberries sont le facteur déclenchant de cet effet,  contrairement aux jus de raisin et de pomme, au thé vert et au chocolat. Ces recherches ont reconfirmé par ailleurs que la structure moléculaire  des proanthocyadinines des cranberries est unique (avec ses doubles liaisons de « type A »)générant ainsi ces effets physiologiques. A. B. Howell, J. D. Reed, B. McEniry, C. G. Krueger, D. G. Cunningham : Bacterial anti-adhesion activity of cranberry vs. other foods. American Chemical Society National Meeting 2004.

2009: La canneberge serait efficace chez les femmes ayant des infections urinaires récidivantes. ll n’y a que dans le sous-groupe des patients sondés où la canneberge n’est pas efficace et son utilité dans la prévention chez les personnes de plus de 60 ans est moins évidente. Jepson RG, Craig JC. Cranberries for preventing urinary tract infections. Cochrane database of systematic reviews 2009 [télécharger le résumé en PDF, 61 Ko]

 2011: Les cranberries en échec dans la prévention des infections urinaires récurentes. Barbosa-Cesnik C, Brown MB et al. Cranberry juice fails to prevent recurrent urinary tract infection: results from a randomized placebo-controlled trial. Clin Infect Dis. 2011 Jan;52(1):23-30