Archives Mensuelles: décembre 2014

Les légionelles au coeur du combat laboratoires publics et géants privés

Hôpital-3La lutte contre la légionellose a été un fer de lance en hygiène hospitalière. Après de nombreux épisodes d’épidémies dans le milieu hospitalier avec près de 20% des cas de légionelloses en France à la fin des années 90, le milieu hospitalier concerne à ce jour environ 7% des cas en France par an à ce jour.

Cette lutte s’est largement améliorée avec l’implication des équipes d’hygiène hospitalière et la réalisation des contrôles microbiologiques pour recherche de légionelles par les techniciens biohygiénistes en interne à l’établissement de santé. Ces analyses ont évolués afin d’améliorer la sensibilité de la technique et les EOH se sont toujours adaptées à ces changements.

L’arrêté de février 2010, sous le lobby des grands laboratoires privés a imposé  la mise en place de l’accréditation COFRAC pour les laboratoires environnementaux en charge des analyses pour la recherche des légionelles. La mise en place de cette accréditation  a demandé un investissement financier supplémentaire de la part des hôpitaux pour maintenir cette force interne dans la lutte contre la légionellose et a obligé les laboratoires d’hygiène hospitalier à regrouper cette activité sur un seul laboratoire « territorial » dans l’optique des regroupements hospitaliers.

La nouvelle norme NFT 90-431 de décembre 2014, améliore principalement la sensibilité du résultat mais elle est sujet à des controverses telle que les délais et conditions d’acheminement des échantillons n’apportant que des contraintes pour des bénéfices techniques non scientifiquement prouvés ou publiés.

Au travers des adaptations sous les arguments d’amélioration continue se cache une bataille des marchés indiscutable dans les analyses environnementales. Les améliorations techniques, pour certaines sont plus des armes de découragement que de vrais points d’amélioration justifiés pour le terrain et la protection des patients.

Certains hôpitaux avaient déjà fait le choix lors de la mise en place de l’accréditation COFRAC depuis 2012, d’une externalisation de la prestation avec des expériences peu convaincantes en terme de réactivité lors de suspicions, de difficultés à obtenir les souches pour les comparaisons avec les souches cliniques, la programmation de prélèvements environnementaux en urgence suite à un cas.

La réalisation en interne avait pour force pour le professionnel biohygiéniste de bien connaitre les aspects morphologiques des souches du réseau de l’hôpital dans lequel ou pour lesquels le laboratoire exerçait l’analyse.  Et cette connaissance du réseau est un levier indispensable pour une bonne maîtrise du risque infectieux lié à l’eau dans nos hôpitaux.

Les évolutions prochaines de cette course au marché va rapidement concerner la recherche de légionelles dans les co-propriétés avec sans doute un renforcement de la legislation, l’obligation d’accréditation pour les contrôles microbiologiques d’endoscopes qui sont pourtant bien maîtrisés dans les hôpitaux publics à ce jour et enfin les contrôles d’air dans les zones accueillant du public.

TJP