Archives Mensuelles: juin 2012

Les prions, propulseurs de l’évolution.

Le mot prion fait appel pour la grande majorité des personnes aux mauvais souvenirs de la crise de la « vache folle » ou encore fait appel à la maladie de Creutzfeld-Jacob. En quelques mots l’agent infectieux le moins connu à ce jour et qui est source des plus grandes angoisses.

Les angoisses sont belles est bien présentes parmi le personnel en charge de la maîtrise du risque infectieux dans le milieu de la santé et les procédures se maintiennent encore à ce jour ( INSTRUCTION N° DGS/RI3/2011/449 du 1er décembre 2011 relative à l’actualisation des recommandations visant à réduire les risques de transmission d’agents transmissibles non conventionnels lors des actes invasifs. )

C’est dans ce contexte que la revue Science et Vie dans son numéro 1138 de juillet 2012 nous lance l’article « Prion pour le pire … et le meilleur ».

En effet, Susan Lindquist tente depuis 10 ans de faire reconnaitre le prion comme molécule utile pour la biologie.

Pour comprendre, il faut s’interesser à l’histoire de la recherche sur le prion.

Les maladies à prions sont connues depuis les années 1920 (Hans-Gerhard Creutzfeldt (1920)  et Alfons Jakob (1921)) , sans à l’époque en connaître véritablement ni l’origine, ni l’agent en cause. Ce n’est que dans les années 60, 70, 80 que la protéine se dévoile à petit puis que les modes de transmission sont identifiés (David Haig, Tikvah Alper, Carleton Gajdusek  [1972],   Stanley Prusiner). Dans les années 90, en pleine crise de la « vache-folle » de 1986 en Grande Bretagne, on affine la détermination des modes de transmission (Clarence Gibbs [1993])

Depuis on a cessé d’étudier la protéine pour améliorer le diagnostique médical d’une part et imaginer de futurs traitements.

Quand on parle du prion on parle de protéines naturellement présentes à la surface membranaire de nos cellules. C’est l’introduction d’une protéine de forme anormale (forme prion) dans un orgainsme qui enclenche un effet boule de neige  provoquant la modification sous forme anormale des autres protéines de la même classe dans l’organisme contaminé. La généralisation de l’anomalie dans l’organisme provoque des défaillances neurologiques à ce jour irreverssibles.

Est-ce une anomalie du vivant, un boeg biologique ? C’est en tout cas ce que pense beaucoup de scientifiques.

Mais ce n’est pas l’avis de Susan Lindquist, qui a découvert (Nature, February 16, 2012 ) chez des dizaines de souches de levures de boulanger (parmi 700 souches sauvages) la présence de protéines ayant une configuration prion. La chasse aux prions dans des souches de levures sauvages a commencé dans le laboratoire où Lindquist Jarosz, Randal Halfmann, un étudiant diplômé du MIT et récemment un homme de l’Université du Texas Southwestern Medical Center ont rassemblé des centaines de souches sauvages venant du monde entier. Ils ont ensuite réalisé une recherche ciblée sur le prion [PSI +] qui a été retrouvé dans 10 souches sauvages. Les manipulations génétiques ont confirmé son statut de prion vrai sur ces souches. Ils ont ensuite observé les effets de [PSI +] sur les traits biologiques en neutralisant la conformation du prion dans ces souches puis en exposant ces dernières à des contraintes naturelles, tels que l’acidité élevée et la présence d’agents antifongiques. Dans une souche isolée à partir de vin Beaujolais, le prion a enclenché l’apparition de caractères qui pourraient être favorables ou préjudiciables, selon les conditions de l’environnement.  Un autre prion bien connu, [MOT3 +] a été trouvé dans six souches sauvages.

Pour déterminer si les levures sauvages pourraient receler d’autres éléments prions inconnus, Jarosz et Halfmann ont exposé toutes les cultures sauvages au même protocole chimique qui permet déjà d’obtenir des prions bien connus [PSI +] et [MOT3 +] . En tout, 255 souches ont démontré différents phénotypes liés à des prions dû aux divers stress subits par ce traitement. Les scientifiques ne s’attendaient pas à obtenir cette diversité de phénotypes liés aux prions. Ils ont également découvert qu’environ 40 % des traits de caractère produits par des prions sauvage se seraient avérés favorable à la croissance dans la douzaine de conditions environnementales testées.

Convaincu de l’impact des prions sur l’évolution de levure, Lindquist suppose que ces protéines changeant de forme pourraient être “les restes des premières apparitions de la vie” à l’époque où elle était essentiellement représentée par une base de protéine plutôt que d’acide nucléique.

Elle pense aussi que les prions peuvent jouer les même rôles bénéfiques chez d’autres cellule que les levure et son laboratoire a l’intention de d’investiguer des approches semblables dans la chasse pour aux prions dans d’autres organismes.

Sources scientifiques:

« Prions play powerful role in the survival and evolution of wild yeast strains » CAMBRIDGE, Mass. (February 15, 2012)

http://web.wi.mit.edu/lindquist/pub/

http://ansm.sante.fr/Dossiers-thematiques/Creutzfeldt-Jakob-et-produits-de-sante/Protocole-Standard-Prion/(offset)/0

Sources Législatives

http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2011/12/cir_34277.pdf

Biographie:

http://www.wi.mit.edu/research/faculty/lindquist.html

Sources Importantes:

http://georges.dolisi.free.fr/Les%20prions/les_prions0.htm#Historique

Historique chronologie de la « Vache-Folle »:  http://www.inra.fr/dpenv/vfol___2.htm

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E. Coli s’emballe dans les steaks hachés

Les magasins Intermarché et Netto ont appelé à la vigilance, samedi 23 juin,  pour 16 départements du Sud-Ouest en raison d’un risque possible d’infection à la bactérie pathogène Escherichia coli. Les départements concernés sont les suivants 12, 16, 17, 19, 24, 31, 32, 33, 40, 46, 47, 64, 65, 81, 82, 87 (Aveyron, Charente, Charente-Maritime, Corrèze, Dordogne, Haute-Garonne, Gers, Gironde, Landes, Lot, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Tarn, Tarn-et-Garonne et la Haute-Vienne).

Les steaks hachés en cause sont de la marque JEAN ROZE – NETTO – TOP BUDGET chez INTERMARCHE / NETTO (Quart Sud Ouest), du numéro d’identification vétérinaire: FR – 47.091.002 – CE dont la date limite de consommation est du 28 mai au 15 juin 2012 ils ont étaient vendus sous la dénomination «steak haché frais 15% de matière grasse» et «steak haché frais 20% de matière grasse»

4 enfants et un adulte ont été admis la semaine dernière aux CHU de Bordeaux et de Pau. Ils souffraient des symptômes liés à  la bactérie E.Coli. Trois enfants sont toujours hospitalisés ce lundi à Bordeaux.

– sources officielles:

http://www.rappelsproduits.fr/retour-securite/rappel-produit-JEAN-ROZE-NETTO-TOP-BUDGET-chez-INTERMARCHE-NETTO-Quart-Sud-Ouest-Steak-hache-Frais-Steak-hache-frais-15-matiere-grasse-steak-hache-frais-20-matiere-grasse,1310.html

sources:

http://poitou-charentes.france3.fr/info/2-enseignes-rappellent-des-steacks-haches-suspects-74664383.html

http://www.europe1.fr/France/Bordeaux-un-cas-d-E-coli-confirme-1144447/

http://www.leparisien.fr/societe/bordeaux-trois-enfants-hospitalises-apres-une-infection-a-la-bacterie-e-coli-25-06-2012-2064653.php

http://www.francesoir.fr/actualite/sante/bacterie-ecoli-des-steaks-haches-intoxiques-trois-enfants-hospitalises-239427.html

les hôtels, nids à bactéries ?

La méthodes HACCP ( Hazard Analysis and Critical Control Points ) couramment employée dans la gestion des risques dans le milieu de la restauration collective pourrait bien remettre en cause les standards de l’hôtellerie.

En effet, c’est une étude américaine présentée au dernier congrès de l’American Society for Microbiology (Société américaine de microbiologie) qui vient de lancer le pavé dans la mare.

Couramment, les techniciennes de surfaces prennent en charge le bionettoyage de 14 à 16 chambres pour 8 heures de travail, près de 30 minutes de travail est consacré pour une chambre (certains hotels pousseraient le rendement à un temps de 10 minutes maximum par chambre).

Des chercheurs de l’Université de Houston avec des chercheurs de l’Université Purdue et  de Caroline du Sud ont réalisé des séries de prélèvements de surfaces dans des chambres d’hotels dans plusieurs états américains, afin de déterminer le niveau de contamination bactérienne (bactéries aérobies et coliformes dans le cadre de cette étude).

Contrairement au milieu hospitalier dans les lesquels les sanitaires sont très maîtrisés, dans les hotels testés les points les plus contaminés sont les toilettes et les lavabos.

La télécommande de télévision et l’interrupteur de la lampe de chevet sont également source d’une contamination microbiologique importante.

La maîtrise de la biocontamination des surfaces passe aussi par une bonne maîtrise du chariot ménage. Là encore, l’étude démontre que de nombreux articles de ménage qui passent de chambre en chambre sont aussi très contaminés. On parle de transmission croisée entre les chambres. Il s’agit là d’un vecteur majeur dans la transmission des agents infectieux et la diffusion des épidémies.

On pourrait s’interroger sur la nécessité de mettre en place des équipes d’hygiène dans le milieu hôtelier à l’image du milieu hospitalier. Si l’infirmière hygiéniste possède une vraie spécialisation hospitalière en lien avec le soin, le technicien biohygiéniste pourrait quand à lui trouver le moyen d’intégrer la filière comme cela s’est déjà vu pour le milieu de la blanchisserie.

source scientifique:

http://gm.asm.org/index.php/component/content/article/48/313-the-most-contaminated-surfaces-in-hotel-rooms