Archives Mensuelles: mars 2012

DOSSIER : Surcoût des événements indésirables associés aux soins, escares et IAS parmi les risques les plus coûteux.

L’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDS) nous propose un document de réflexion majeur dans l’estimation des surcoûts de la santé liés aux évennements indésirables liés aux soins.

Ainsi, l’IRDS a repris les indicateurs de sécurité des patients (Patients safety indicators, PSI) qui ont initialement été développés par l’Agency for Health Care Research and Quality (AHRQ) aux Éats-Unis à partir de donnés médico-administratives (MacDonald 2002 ; Romano, 2003). « Une quinzaine d’indicateurs PSI couvrant cinq grands domaines (infections nosocomiales, événements sentinelles, complications opératoires et postopératoires, obstétrique et autres événements indésirables associés aux soins) ont été privilégiés pour les comparaisons internationales, en prenant en compte la faisabilité et la pertinence des codes communs pour décrire les pathologies (Miller et Mattke, 2004). » explique le rapport.

Si les PSI ne fournissent pas un jugement sur la gravité des événements indésirables ils se concentrent néanmoins sur la notion d’événements indésirables présentant un caractère évitable (McDonald et al., 2002 ; Miller et al., 2001).

Deux bases de données hospitalières ont été mobilisées pour produire des estimations des coûts au niveau national: la base de l’Étude nationale de coût à méthodologie commune (ENCC) de l’année 2007 et celle du Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) de l’année 2007.

Les PSI retenus pour l’étude ont été:

PSI 3 – Escarre de décubitus

PSI 5 – Corps étranger oublié pendant une procédure de soins

PSI 7 – Infection liée aux soins médicaux (infection sur cathéter vasculaire)

PSI 10 – Désordre physiologique et métabolique postopératoire

PSI 12 – Embolie pulmonaire et thrombose veineuse profonde postopératoire

PSI 13 – Septicémie postopératoire

PSI 15 – Difficulté technique lors d’une procéure de soins –Lacéation ou piqûe accidentelle au cours d’un soin

PSI 18 – Traumatisme obstérical du vagin lors d’un accouchement par voie naturelle – avec instrument

PSI 19 – Traumatisme obstérical du vagin lors d’un accouchement par voie naturelle – sans instrument

A partir des neuf PSI retenus dans cette étude,  15 107 séjours ont été identifiés avec un événement indésirable lié aux soins au sein de l’ENCC 2007, soit un peu plus de 0,5 % du total des séours de l’ENCC (3 millions) contre 98 288 séjours repérés dans le PMSI-MCO de la même année, soit près de 0,5 % des séjours également.

Le rapport déclare que, « comme attendu, il existe de fortes disparités de surcoûts entre les différents PSI. Le surcoût moyen pondéré varie de 505 € pour les traumatismes obstétricaux lors d’un accouchement par voie naturelle (PSI 18/19) à 23 132 € pour les septicémies (PSI 13). Les infections associés aux soins (PSI 7) et désordres physiologiques et métaboliques post-opéatoire (PSI 10) affichent les coûs les plus élevés après le PSI 13, aux alentours de 10 000 €. Les surcoûs sont étroitement corrélés avec l’allongement des durées de séjours induit par la survenue de ces événements. »

« Les infections et les escarres sont parmi les événements indésirables qui prolongent les séjours de manière significative (respectivement 14,8 jours et 11,1 jours, soit des séjours 3 à 4 fois plus longs que la moyenne). « 

La durée de séjour n’est pas le seul déterminant des surcoûts liés aux EIS, en effet son impact dépend de l’intensité des soins fournis.  notons tout de même que si le coût le plus élevé reste imputé au PSI 10 Désordre physiologique et métabolique postopératoire, dont le coût moyen est estimé à 10 881 € entraînant un coût total conséquent de 285 millions d’euros, soit près de 40 % du coût total des événements indésirables étudiés, le cas des septicémies et des escarres reste important avec les surcoûts qui sont respectivement de 174 millions (23 % du coût total des événements indésirables graves) et 125 millions d’euros (17 % du coû total des événements indésirables graves).

« Quelle que soit la méthode d’estimation, ce sont les Désordres physiologiques (PSI 10) qui ont le surcoût total le plus élevé, suivis par la prise en charge des septicémies (PSI 13), des escarres (PSI 3) et des embolies pulmonaires (PSI 12). Le PSI 10 représente un tiers du surcoût total des événements indésirables. A eux quatre, ces événements représentent plus de 90% du surcoût total des événements indésirables qui atteint 665 millions d’euros. » souligne le rapport.

 Source:  http://www.irdes.fr/EspaceRecherche/DocumentsDeTravail/DT44EstimationSurcoutsEvenementsIndesSoinsHopitalFrance.pdf

TJP

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