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Plan national d’alerte sur les antibiotiques 2011-2016 Résumé

Préambule :

Dans les années 2000 la France était le pays européen le plus consommateur d’antibiotiques, 100 millions de prescriptions par an dont 80% en ville.

La résistance aux antibiotiques chez certaines espèces bactériennes, notamment chez les entérobactéries, a augmenté :

–          La résitance aux céphalosporines de 3e génération (C3G) chez Escherichia coli est en augmentation depuis 2005 (7% 2009vs 1% en 2005).

–          Il en est de même chez Klebsiella pneumoniae (17.8% en 2010 vs 4% en 2005)

De nouvelles résistances bactériennes ont émergé :

–          entérobactéries productrices de carbapenèmase (1 à 3 épisodes en 2004, 27 dans le premier semestre 2011)

–          Acinetobacter baumanii résistant à l’imipenème (22 signalements en 2004, 79 en 2010)

La question de l’utilisation massive d’antibiotiques et ces conséquences induites ont été prises en compte au niveau européen en novembre 2001 avec l’adoption de la recommandation 2002/77/CE du Conseil Européen, relative à l’utilisation prudente des agents microbiens en médecine humaine. Les états membres ont été invités à mettre en place une stratégie de surveillance,  une prescription  obligatoire de tous les antibiotiques, de bonnes pratiques en hygiène hospitalière et en vaccination.

L’European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ont récemment inclus la résistance bactérienne dans leurs priorités.

Dans ce contexte le plan national d’alerte sur les antibiotiques 2011-2016 est le 3e plan  en France. Celui-ci prend en compte une dimension européenne et internationale, ainsi que la territorialisation coordonnée par les Agences Régionales de Santé (ARS)

Le plan vise une stratégie de juste utilisation des antibiotiques : pour une meilleure qualité de prise en charge des patients, une diminution des prescriptions et des consommations d’antibiotiques, un allègement de la pression de sélection et un moindre développement des résistances bactériennes aux antibiotiques.

 Cette stratégie s’articule autour de 3 axes stratégiques et se décline en 8 mesures et 21 actions.

–          axe I :             améliorer l’efficacité de la prise en charge des patients

–          axe II :            préserver l’efficacité des antibiotiques

–          axe III :          promouvoir la recherche

Pour chaque action sont définis : l’objectif opérationnel, le contexte, la description de l’action, les pilotes et partenaires de l’action les liens avec les autres plans de santé publique et les indicateurs de résultats.

Axe I : Améliorer l’efficacité de la prise en charge des patients

Mesure I.1  Améliorer les règles de prise en charge par les antibiotiques (4 actions)

Action 1 : Rationnaliser les protocoles et les référentiels de prescriptions des antibiotiques

Recenser, regrouper, actualiser ou élaborer des recommandations validées scientifiquement par spécialité médicale. Ces recommandations seront réunies dans des protocoles et des référentiels nationaux

Action 2 : Améliorer l’application  des référentiels et protocoles de prescription des antibiotiques

Mettre à disposition des prescripteurs des outils informatiques portant sur la connaissance, l’actualisation des recommandations et l’aide à la prescription des antibiotiques. http://antibioclic.com/

Améliorer et faire connaître le dossier internet consacré aux antibiotiques accessible à partir du site du ministère chargé de la santé. Recenser et promouvoir les logiciels d’aide à la prescription actualisés régulièrement et répondant aux critères de bonne utilisation des antibiotiques.

Action 3 : Développer les tests rapides d’orientation diagnostique (TOD) sur les agents microbiens et généraliser leur utilisation

Mettre en place un dispositif similaire au TOD angine pour les bandelettes urinaires. Encourager le développement de TOD à de nouvelles pathologies.

Action 4 : Organiser le conseil auprès des prescripteurs

Contexte : Circulaire n°2002-272 du 2 mai 2002 : développement du conseil auprès des professionnels de santé par la création des référents antibiotiques dans les établissements de santé et des centres de conseils en antibiothérapie.

L’action vise à élaborer un cahier des charges national définissant les missions et fonctions de ces centres conseils, à  renforcer les actions en réseau des référents en antibiothérapie, et à articuler en réseau les actions des centres conseils avec celles des référents des établissements de santé.

Mesure I.2 Informer et former les professionnels de santé

Action 5 : Mobiliser les professionnels de santé

Information sur les risques individuels et collectifs. Promouvoir les communications sur les actions engagées contre l’antibio-résistances, les anti-infectieux, les soins ou la microbiologie.

Action 6 : Adapter la formation initiale des professionnels de santé

Pour les prescripteurs :  études de cas cliniques illustrant les résistances aux antibiotiques

Pour  les autres professionnels de santé, création d’un module de formation spécifique sur  la juste utilisation des antibiotiques

Action 7 : Développer la formation continue et l’évaluation des pratiques professionnelles concernant la prescription d’antibiotiques

Action 8 : Développer l’auto- évaluation des prescriptions d’antibiotiques

Mesure I.3 sensibiliser la population aux enjeux d’une bonne prise en charge

Action 9 : Informer et sensibiliser le grand public

Action 10 : Informer et sensibiliser des groupes de population  particuliers

Les patients, les personnes s’occupant de jeunes enfants, les enfants en âge scolaire,  les personnes âgées. (dont le suivi  d’apparition des complications de l’antibiothérapie chez les personnes âgées : diarrhée à Clostridium difficile)

Axe II Préserver l’efficacité des antibiotiques existants

Mersure II.1 Renforcer la surveillance des consommations et des résistances

Identifier les couples bactérie/antibiotique à surveiller en priorité et de disposer d’informations actualisées dans des délais plus courts pour infléchir les actions conduites.

Action 11 : Surveiller la consommation d’antibiotiques

Mise à disposition de 2 outils sur le site du ministère  pour mettre en place le calcul des consommations. Recueil des consommations d’antibiotiques des établissements de santé, en ville. Mise à disposition des données de la France aux instances européennes.

Action 12 : Surveiller la résistance aux antibiotiques

Poursuite du recueil, de l’analyse et de l’exploitation des données de résistance bactérienne.

Croiser les informations sur les résistances bactériennes et sur les consommations d’antibiotiques. Identifier des couples bactéries/antibiotiques.

Publications de rapports de ces données et y associer les données de médecine vétérinaire

Mesure II.2 Réduire la pression de sélection des agents antimicrobiens et prévenir la diffusion des bactéries multi-résistantes.

Action 13 : Réduire la pression de sélection globale

Actions combinées des actions du plan dans le but d’une plus juste  utilisation d’antibiotiques permettant une diminution  de la consommation d’antibiotique et donc à une baisse de la  pression de sélection globale.

Action 14 : Réduire la pression sélective des classes d’antibiotiques les plus génératrices de résistances

Identifier et lister les classes d’antibiotiques génératrices de résistances puis effectuer un suivi spécifique des consommations et résistances associées. Sensibiliser les prescripteurs pour limiter l’utilisation de ces antibiotiques par des informations régulières.

Action 15 : Contrôler la diffusion des résistances

Mettre en place une politique spécifique concernant les bactéries émergentes. Veiller à ce que les  mesures de contrôle des bactéries endémiques soient efficacement appliquées.

Mettre à disposition des professionnels une expertise en microbiologie réactive (CNR Résistance aux antibiotiques et laboratoires experts) Consolider le signalement des infections nosocomiales en interne et aux structures nationales. Contrôle par les ARS de l’application des recommandations de contrôle des épisodes épidémiques.

Action 16 : Réduire la pression de sélection issue du domaine vétérinaire et prendre en compte les aspects environnementaux

Création par le ministère de l’agriculture et de la santé d’un comité national pour un usage raisonné des antibiotiques en médecine vétérinaire. La DGS participe à la gouvernance de ce comité dans le but de : faire le lien avec le plan antibiotiques humain, promouvoir les actions de diminution des pressions de sélection en  médecine vétérinaire avec objectif quantifié de consommation d’antibiotique (-25% sur la durée du plan).

Etablir  des tableaux de bords de consommation d’antibiotiques et de résistance par filière animale. Evaluer les bénéfices/risques d’une limitation des antibiotiques utilisés aussi en médecine humaine. Informer les professionnels des risques de l’antibiothérapie animale sur la santé humaine. Engager une réflexion et poursuivre les actions en cours  sur les rejets environnementaux d’antibiotiques et de bactéries résistantes.

Mesure II.3 Encadrer la dispensation des antibiotiques

Action 17 : Généraliser la prescription nominative et inscrire certains antibiotiques sur la liste des médicaments à dispensation contrôlée dans les établissements de santé.

Généraliser la prescription nominative des antibiotiques. Etablir un socle minimal à dispensation contrôlé. Demander à chaque établissements de santé d’établir sa propre liste d’antibiotiques à dispensation contrôlée en fonction du contexte de l’établissement (inclus la liste minimale national) Généraliser la réévaluation de l’antibiothérapie à 48-72h pour tous les antibiotiques.

Action 18 : Mettre en place des conditions d’utilisation spécifiques en ville

Etablir et mettre à jour la liste des antibiotiques de dernier recours. Utilisation de logiciel d’aide à la prescription pour limiter la consommation d’antibiotiques. Possibilité d’un statut spécifique des antibiotiques pour donner plus de force à leur protection.

Axe stratégique III : Promouvoir la recherche

Mesure III.1 définir les priorités en matière de recherche

Action 19 : Promouvoir la recherche fondamentale

Améliorer la compréhension des mécanismes d’action contre les bactéries, de genèse, de diffusion et de contrôle des résistances bactériennes. Identifier des pistes alternatives à l’antibiothérapie.

Action 20 : Encourager la recherche appliquée

Encourager la recherche sur les antibiotiques, sur les tests de diagnostic des résistances bactériennes. Evaluer l’impact des consommations sur l’écologie microbienne. Evaluer l’efficacité des mesures recommandées.

Action 21 : Développer la recherche socio-médico-économique

Améliorer la connaissance sur les déterminants aboutissants à une forte consommation d’antibiotiques en ville. Evaluer les conséquences de la résistance aux antibiotiques, les surcoûts induits, les effets des stratégies de prévention et de prise en charge des infections à bactéries résistantes. Améliorer la connaissance  de la qualité de prise en charge thérapeutique en ville et en établissement de santé.

 Source: ministère de la santé http://www.sante.gouv.fr/plan-national-d-alerte-sur-les-antibiotiques-2011-2016.html

LH

 Source forum:   http://biohygieniste.leforum.eu/t383-Plan-national-d-alerte-sur-les-antibiotiques-2011-2016.htm#p946

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LABHYG BHN, Nomenclature des actes en laboratoire d’hygiène hospitalière.

L’activité du laboratoire d’hygiène hospitalière et environnemental entre dans le cadre des Missions Intérêt Général  et à l’Aide à la Contractualisation (MIGAC). Seule à ce jour la base de nomenclature de Monpellier permet la mise en valeur de cette activité encore peu mesurée à ce jour . Dans le but de permettre à certains une certaine facilité de mesure, le Forum des Biohygiénistes met à la disposition, et à titre gratuit, de l’ensemble de de ses membres un programme Excel/ Visual Basic sous versions LABHYG BHN 2011.3 et 2012.1 selon respectivement les bases de cotation RHN versions 3.2 et 4.0.

Ce programme permet de saisir, série par série les prélèvements d’air, d’eau , d’endoscopes, de laveurs-désinfecteur, de surfaces ou encore d’analyses de microbiologie alimentaire.  L’utilisation du programme commence tout d’abord par la détermination des différents type de prélèvement réalisés par le laboratoire puis la détermination des différentes unités des soins / clients.  La saisie des actes est aidée par un système de masques de saisies apparaissant tour à tour tout au long de la saisie avec une logique par étapes (pré-analytique / analytique / post analytique). Une fois les saisies terminées, 3 onglets permettent d’analyser la répartition des BHN par Code / Par type de prélèvements ainsi que Par unité de soins / Client.

TJP

Sources:

Logithèque Forum des Biohygiénistes:   http://biohygieniste.leforum.eu/portal.php?pid=27

Référentiel des actes hors nomenclature de Montpellier:  http://www.chu-montpellier.fr/publication/inter_pub/R300/rubrique.jsp

Sporicidie en 5 minutes, mythe ou réalité ?

Dans le cadre de la désinfection des endoscopes la sporicidie en 5 minutes devenait une aubaine dans le cadre d’une amélioration ergonomique, organisationnelle et d’un gain de temps de travail. L’annonce a forcément été prise à la hâte par certains établissements comme une solution matérielle a d’éventuelles difficultés organisationnelles ou de ressources humaines, mais qu’en est t’il réellement ?

La SF2H n’a pas tarder à prendre posistion sur cette annonce et explique qu’actuellement 3 normes sont disponibles pour la détermination ou l’évaluation de l’activité sporicide des désinfectants, une norme française (NF T72-230/231) et deux normes européennes (NF EN 14347 et NF EN 13704). La norme NF T72-230/231 est la méthode française de référence pour l’évaluation de l’activité sporicide des désinfectants. Cette norme de base, utilisable dans tous les domaines y compris médical, est toujours d’actualité n’ayant été que partiellement remplacée par les normes européennes NF EN 14347 et NF EN 13704. La norme NF EN 14347 est une norme européenne de phase 1 utilisable dans tous les domaines y compris le domaine médical. La norme NF EN 13704 est une norme européenne d’application de phase 2 étape 1 réservée aux désinfectants utilisés dans le domaine de l’agro-alimentaire, dans l’industrie, dans le domaine domestique et en collectivité.

La SF2H rapelle un fait important, «  la liste positive des désinfectants (LPD) de la SF2H retenait comme critère d’inclusion, pour les désinfectants de dispositifs médicaux thermosensibles (rubrique D), la conformité à la norme NF T72-230/231 ou à la norme NF EN 14347 (référence LPD juin 2009). La norme NF EN 13704, bien qu’existant depuis 2002, n’a jamais fait partie des critères de sélection de la LPD, du fait de conditions opératoires particulières, non adaptées au domaine médical.

La revendication d’un temps de contact réduit pour la désinfection de haut niveau repose sur l’utilisation, par certains fabricants, de la norme NF EN 13704, en l’état ou modifiée » explique la SF2H.

La SF2H attire son attention sur 4 points importants et nous ajouterons un 5ième point sur l’aspect COFRAC mis en avant par certains laboratoires.

« 1- La norme NF EN 13704 ne peut pas être prise en compte en l’état pour démontrer l’activité sporicide d’un désinfectant de DM. En effet, plusieurs éléments la rendent non adaptée à la désinfection des dispositifs médicaux critiques :

– une seule souche est obligatoire (Bacillus subtilis), alors que Bacillus cereus peut être une souche limitante pour des désinfectants à base d’acide peracétique ;

– la réduction de 3 log est insuffisante au vu de l’objectif visé.

2- Certains fabricants modifient actuellement les conditions opératoires de la norme NF EN 13704 (inoculum, réduction logarithmique, souches, …) pour l’adapter au domaine médical. Or, la norme NF EN 14885 « Application des Normes européennes relatives aux antiseptiques et désinfectants chimiques » précise que si une norme est modifiée dans sa méthode, les fabricants ne peuvent pas en revendiquer la conformité. La modification de la norme NF EN 13704 s’appuie sur un projet de révision de la norme NF EN 14885, non encore publié à ce jour. Ce projet s’oriente vers une utilisation possible à l’avenir de normes d’un autre domaine :

– en l’absence de norme adaptée, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui (2 normes de sporicidie à disposition) et ce qui ne sera pas non plus le cas dans les années qui viennent (norme médicale de phase 2-1 en projet),

– à condition de le justifier scientifiquement,

– sous réserve que l’ensemble des conditions opératoires soient adaptées au domaine d’application du produit.

Si ce principe devait être confirmé, il serait nécessaire d’établir une liste unique des conditions opératoires à mettre en oeuvre pour une adaptation au domaine médical, ceci pour éviter toute modification subjective de la norme par les fabricants. Il resterait toutefois l’impossibilité de revendiquer la conformité à la norme, principe a priori maintenu dans le projet de révision.

3- Dans l’attente de la norme médicale européenne de sporicidie de phase 2-1 (en projet) et conformément à la note d’information de la SF2H sur l’évolution des normes relatives aux antiseptiques et désinfectants entre 2009 et 2011, il est recommandé de continuer à prendre en compte les normes NF T 72-230 et NF EN 14347. Bien que de phase 1, ces deux normes peuvent être utilisées transitoirement en l’absence de norme de phase 2-1 adaptée au domaine médical. Elles sont utilisables en l’état sans modification de la méthode, ce qui permet aux fabricants d’en revendiquer la conformité.

4- Quelle que soit la norme de sporicidie utilisée, les établissements sont également mis en garde vis-à-vis de l’application des nouveaux temps de contact préconisés : ces temps ne doivent pas avoir été établis à la concentration d’emploi du produit mais pour des concentrations inférieures de façon à disposer d’une marge de sécurité. Cette marge est fondamentale compte-tenu du type de dispositif médical traité (critique), de l’instabilité chimique et/ou microbiologique de certaines formulations à base d’acide peracétique et du caractère manuel de la procédure de désinfection de haut niveau. »

5 – Non explicité par la SF2H. La couverture du COFRAC des essais réalisés par un laboratoire ne doit pas être un faire-valoir sur l’efficacité d’un produit. Attention !!! Le COFRAC couvre les essais selon un référentiel … mails il faut absolument vérifier que le référentiel utilisé (la norme utilisée dans le cadre de ces essais) soit en conformité avec le secteur d’application. Ainsi il faut toujours prendre connaissance des normes citées par les fournisseurs afin de prendre connaissance du champ d’application exacte. Rappelons enfin, pour tout résultat labellisé COFRAC, de prendre connaissance de la couverture effective de la labellisation. En effet il n’est pas rare que le logo ne couvre que partiellement la feuille de résultat présentée. Dans ce cas une information explicite doit se trouver sur ce dit document.

TJP

Sources:

Note technique de la commission Désinfection de la SF2H Janvier 2012