Archives Mensuelles: octobre 2011

Les officines et laboratoires de biologie médicale tenus de récolter les déchets piquants, coupants, tranchant liés aux soins à domicile

Le 1er novembre 2011, les officines, les pharmacies à usage intérieur (PUI) et les laboratoires de biologie médicale de ville seront désormais tenues de récolter les déchets d’activité de soins (DASRI) piquants coupants et tranchants.

Cette mesure est appliquée par le décret no 2011-763 du 28 juin 2011 relatif à la gestion des déchets d’activités de soins à risques infectieux perforants produits par les patients en autotraitement.

« Afin de prévenir le risque sanitaire associé à la manipulation des déchets d’activités de soins à risques infectieux perforants (« DASRI perforants ») par le personnel de collecte et de traitement des ordures ménagères, le principe de la mise en place d’une filière de collecte et de traitement de ces déchets spécifique a été prévu par le  législateur.

L’article L. 4211-2-1 du code de la santé publique prévoit qu’en l’absence de dispositif de collecte de proximité spécifique, les officines de pharmacies, les pharmacies à usage intérieur et les laboratoires de biologie médicale sont tenus de collecter gratuitement les DASRI perforants produits par les patients en autotraitement, apportés par les particuliers qui les détiennent selon des modalités prévues par décret en Conseil d’Etat.

Le dispositif repose, en amont, sur la mise à disposition, à titre gratuit, de collecteurs dans les officines de pharmacie et pharmacies à usage intérieur afin que les patients en autotraitement puissent se défaire en toute sécurité de leurs déchets perforants. C’est l’objet du décret no 2010-1263 du 22 octobre 2010. Il repose, en aval, sur l’organisation de la collecte, de l’enlèvement et du traitement des déchets en cause. C’est l’objet du présent décret. « explique le décret.

les officines, de même que les pharmacies à usage intérieur (PUI) et les laboratoires de biologie médicale, vont prendre en charge cette collecte en l’absence de filière de proximité. Ainsi, le patient en auto-traitement, en passant par l’officine, reste dans un circuit de santé traditionnel. Le pharmacien respecte l’anonymat du client et peut aussi l’informer sur les dangers des DASRI.

Les déchets concernés par ce décret sont définis dans la liste fixée par l’arrêté du 23 août 2011 fixant, en application de l’article R. 1335-8-1 du code de la santé publique, la liste des pathologies conduisant pour les patients en autotraitement à la production de déchets d’activité de soins à risque infectieux perforants .

TJP

Fast-foods l’hygiène commerciale ou une vraie prise de conscience ?

Depuis les derniers cas de toxi-infections alimentaires en fast-food, on sent de la part des grands groupes un besoin important de rassurer le consommateur dans la maîtrise des règles d’hygiène de la restauration.

« Permettre aux employés des établissements de restauration rapide (Fast-Food) de comprendre et suivre l’hygiène alimentaire au quotidien dans son établissement.Sensibilisation aux contrôles et aux surveillances à réaliser pour assurer la sécurité sanitaire des produits. Comprendre la réglementation et l’intérêt de la méthode HACCP » indique un spécialiste de la formation HACCP

La méthode HACCP ( Hazard Analysis Critical Control Point) est le nerf de la guerre dans la mise en place d’un système qualité dans l’ensemble de la restauration collective. Parmis les axes majeurs de cette méthode: la mise en place de circuits respectant le principe de la marche en avant, la maîtrise de l’hygiène des mains (technique et opportunés), le respect de la tenue vestimentaire (tunique/chemise manches courtes, pantalon, charlotte, gants, masques pour les gens malades), la maîtrise de la contamination des surfaces de travail et des locaux (bionettoyage, contrôles microbiologiques de surfaces, sensibilisation du personnel au bionettoyage)

En parallèle il est important de mettre en place une cartographie des risques par une méthode type 5M ou diagramme d’Ishikawa voir une méthode AMDEC ( Analyse des Modes de Défaillances et de leur Criticité). Ainsi prendre en compte dans ces risques la maîtrise des températures, de l’huile de friture,  des matières premières à la réception, de la décongélation des produits, des dates limites de consommation et de la traçabilité totale des produits.

Un grand axe d’action est celui de la formation des employés, leur inculquer des règles d’hygiène de base que beaucoup n’ont pu bénéficier et ensuite leur transmettre une culture générale sur l’écologie bactérienne et les agents pathogènes responsables de Toxi-Infections Alimentaires Collectives.

La campagne publicitaire du géant des fast-food indique avoir mis en place un système de qualité récemment.

Mais est ce une véritable prise de conscience?

On ne peut que l’espérer, le site internet du géant Mc Donald’s reprend l’ensemble des principes de l’HACCP. Les vidéos de la campagne montrent de façon esthétique des gens travaillant dans les règles strictes d’hygiène.

Le groupe Quick lui indique sur son site également un engagement aux différents principes HACCP mais n’aborde pas les problèmes d’hygiène des mains et de tenue de travail au jour de publication de notre article.

KFC reste encore plus mystérieux sur ce sujet, là encore au jour de publication de notre article.

On ne peut que commenter ce manque de réactivité par la désignation de  la parution du Décret n°2011-731 du 24 juin 2011 relatif à l’obligation de formation en matière d’hygiène alimentaire de certains établissements de restauration commerciale. JORF du 26/06/2011 qui rend obligatoire la formation en hygiène pour la restauration commerciale qu’à partir du 1er octobre 2012.

Rappelons enfin les premiers résultats de « l’Enquête Nationale menée dans la restauration rapide et la vente à emporter » publiés par le ministère de l’agriculture sur son site: « 

Entre le 27 juin et le 1er juillet, les services des directions départementales chargées de la protection des populations ont procédé au contrôle de 1725 établissements de restauration rapide et de vente à emporter qui ont donné lieu à 140 mises en demeure de faire procéder à des travaux, 9 fermetures d’établissements, 43 procès verbaux et 40 saisies d’aliments non conformes..

Les différents rapports constatent une maîtrise insuffisante de la règlementation, notamment dans les établissements indépendants hors enseigne. Cette méconnaissance concerne plus particulièrement le non-respect des températures et de la chaîne du froid, les bonnes pratiques d’hygiène et l’insuffisance de formation du personnel.

Ces contrôles se poursuivront jusqu’au 31 août pour assurer la sécurité des populations dans le cadre de l’Opération Alimentation Vacances. Cette opération qui décline le volet « sécurité et hygiène alimentaire » du plan interministériel de renforcement des contrôles pendant la période estivale (opération interministérielle vacances) mettra prioritairement l’accent sur la surveillance des entreprises spécialisées dans des produits saisonniers, des restaurants situés en zone touristique ou de restauration rapide et des centres de loisirs. »

TJP

sources :
http://www.mcdonalds.fr/qualite/les-filieres/fournisseurs.html#Coulisses

http://group.quick.fr/lu-fr/quick-sengage/qualite

http://www.kfc.fr/#/you_faq/

Décret n°2011-731 du 24 juin 2011 relatif à l’obligation de formation en matière d’hygiène alimentaire de certains établissements de restauration commerciale. JORF du 26/06/2011

http://www.formation-haccp.com/hygiene-haccp-fast-food-restauration-rapide.html

http://agriculture.gouv.fr/Premiers-resultats-de-l-enquete

Fish-pédicure mise en garde de l’Agence de protection de la Santé britannique.

Le principe est simple, tremper ses pieds dans un aquarium rempli de poissons qui se chargent de manger les peaux mortes…

Cette pratique vient de Turquie et s’est largement développée en Asie et aux Etats-Unis et arrive tout récemment en Europe.

Face l’arrivée massive de cette pratique au Royaume Uni, l’agence de protection de la santé britanique (HPA Health Protection Agency ou Health Protection of Scotland) met en place un guide destiné à fournir des conseils fondés sur des preuves, ou des consensus d’experts, sur les risques potentiels de santé publique liés à la pratique de la fish-pédicure et les mesures pratiques qui devraient être prises pour les atténuer.

Ce document a été produit par un groupe d’experts comprenant des représentants de l’Agence de protection de la santé, Health Protection Scotland, le Laboratoire de santé et de sécurité et les autorités locales. Il a été validé par le ministère de la Santé, services sociaux et de la sécurité publique en Irlande du Nord et de Santé Publique du Pays de Galles, et a été approuvé par le Chartered Institute of Environmental Health et le Royal Institut de santé environnementale de l’Ecosse.

Le risque de transmission potentielle de germe semble bien réel. L’Agence recommande au différents centre dans lequel cette pratique a cours, de surveiller la santé de leurs clients.

On comprends rapidement les problèmes d’hygiène:

– Impossibilité de stériliser les instruments de soins qui sont des poissons vivants.

– Changement de l’eau du bac et désinfection du bac entre chaque client.

La pratique est déjà interdite dans certains états de l’Amérique du nord.

« Autre problème majeur : certains établissements, faute de Garra Rufa [le poisson turc traditionnellement utilisé], utilisent des Chin-chin Tilapia. Les propriétés exfoliantes de ces poissons sont similaires à celles de leurs cousins turcs… si ce n’est qu’ils possèdent des dents. Très vite, ils grossissent » et deviennent inutilisables.

 » Rejetés dans la nature, ces carnivores présentent un danger pour les autres espèces. Certaines études estiment que ces carpes esthéticiennes pourraient aider à traiter le psoriasis, et les salons de beauté ne manquent pas de s’en vanter. Pourtant, le ministère de la Santé interdit officiellement la publicité à vocation thérapeutique sans autorisation expresse de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).  » trouve t’on sur rue89.com

TJP

  source:

New Guidance on the Management of the Public Health Risks From Fish Pedicures  18 octobre 2011

http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Nouvelles/Fiche.aspx?doc=2006120686&xtor=EPR-2

http://www.rue89.com/2010/07/09/la-fish-pedicure-donnez-vos-peaux-mortes-aux-poissons-157917

e-SIN modernisation du système de déclaration des infections nosocomiales.

Le signalement externe des Infections Nosocomiales (IN), depuis 2001, a pour objectif de détecter rapidement certaines infections rares, graves et/ou épidémiques afin d’en assurer le contrôle. Ce système d’alerte, mis en place de manière réglementaire, accompagne au quotidien les établissements de santé dans leur gestion du risque infectieux et contribue ainsi à la sécurité des patients. Il a permis de détecter en France des infections sévères et émergentes, telles que Clostridium difficile ou plus récemment des souches d’entérobactéries productrices de carbapénémases (EPC). Le système reposait jusqu’à présent sur un échange de formulaires transmis par fax, reçus d’abord par l’Agence Régionale de Santé (ARS) et les Comités Centraux de Lutte contre les Infections Nosocomiales (CClin), puis transmis dans un second temps aux Antennes Régionales de Lutte contre les Infections Nosocomiales (Arlin) et à l’Institut Nationale de Veille Sanitaire (InVS).

Ce système relativement complexe étant lourd pour les différents acteurs, il fallait mettre à disposition de ceux-ci un outil commun, collaboratif, pouvant centraliser de manière sécurisée les informations de déclaration de façon anonyme.

Depuis le 10 octobre 2011, l’Institut de veille sanitaire (InVS) lance le déploiement en France de l’application e-SIN, nouvel outil web sécurisé de signalement des infections nosocomiales (IN). En préparation et développement depuis 2008, cet outil est le fruit de l’association de tous les acteurs concernés : établissements de santé (ES), ARS (Agences régionales de santé), CClin (Centres de coordination de la lutte contre les IN), antennes régionales de lutte contre les IN (Arlin), ministère en charge de la Santé et InVS.

« e-SIN doit permettre aux professionnels des Etablissements de Soins, praticiens hygiénistes (EOH) et responsables du signalement, de se connecter sur un site internet sécurisé afin de remplir et valider une fiche de signalement et de la rendre accessible à ses destinataires (CClin et ARS, puis InVS). En s’affranchissant du papier, e-SIN allègera la charge de travail de chaque acteur et leur offrira une réactivité et interactivité nouvelles : transmission rapide des informations, échanges sécurisés, suivi de la gestion d’une alerte et de la prise en charge d’un épisode signalé. Chaque utilisateur aura accès, dans la limite de ses droits, à l’historique des signalements et à une restitution automatisée à des fins statistiques, à partir de cette nouvelle base de données nationale, unique et anonymisée » indique InVs sur son site.

Le calendrier du déploiement e-SIN est prévu en cinq phases à partir du 10 octobre en commençant par l’interrégion Est ; les interrégions Ouest, Sud-Ouest, Sud-Est et Paris-Nord suivront jusqu’en décembre 2011. Pour accompagner les équipes des établissements de santé durant ce déploiement, des outils pédagogiques sont mis à leur disposition et des sessions de formation sont organisées par les CClin. Par ailleurs, l’InVS publie dès septembre une lettre électronique bimestrielle (« Infections nosocomiales – La lettre du signalement ») afin de les sensibiliser au développement d’une culture de la sécurité du patient.

« Au 1er janvier 2012, tous les établissements de santé réaliseront leurs signalements par voie électronique et e-SIN mettra ainsi en contact plus de 4 500 utilisateurs. »

e-SIN constitue une étape importante dans la volonté de l’InVS de moderniser les systèmes et pratiques de surveillance en santé publique. Il préfigure l’arrivée d’autres outils de télédéclaration qui seront progressivement mis à disposition des professionnels de santé, pour les maladies à déclaration obligatoire par exemple.

TJP

Sources:

http://www.invs.sante.fr/Espace-presse/Communiques-de-presse/2011/e-SIN-le-nouvel-outil-du-signalement-des-infections-nosocomiales

http://www.cclinparisnord.org/CLIN/JourCLIN2011/THIOLET2_300511.pdf

8ème congrès biologie et hygiène hospitalière 05 avril 2012

Le Forum des Biohygiénistes, vient de mettre en ligne la plaquette de présentation du 8ème congrès de « Biologie et Hygiène Hospitalière ».  Ce congrès aura lieu dans les locaux de l’Ecole Nationale de Chimie, Physique et Biologie Paris 13ème le jeudi 05 avril 2012.

Ce congrès est avant tout le signe que le milieu de la biohygiène est actif et que les travaux scientifiques sont toujours aussi nombreux.

A l’occasion de ce 8ème congrès 4 thèmes d’actualité seront abordés.

Surveillance et prévention des infections associées aux soins, Les contrôles microbiologiques du service d’endoscopie, Avantages et inconvénients de l’externalisation des prélèvements d’environnement,  Table ronde sur le thème « nouvelles BMR et hygiène hospitalière » : que faut-il adapter?

On peut dire que ces thèmes sont au coeur des priorités de la biohygiène. Les contrôles microbiologiques en endoscopie sont mis en place depuis peu d’années, il est tant de tirer les premières conclusions sur ceux-ci. La mise en place de l’accréditation COFRAC des laboratoires réalisant la recherche de légionelles poussent certains établissements à externaliser ces contrôles microbiologiques: quels sont les conséquences potentielles de cette externalisation, quelle leçon en tirer pour les autres prélèvements de l’environnement qui seront sans aucun doute un jour soumis à accréditation. L’hygiène hospitalière a t’elle encore les moyens de maîtriser la diffusion des nouvelles bactéries multi-résistantes, que faut-il adapter ? A t’elle mis en place les mesures suffisantes ? Au delà des infections nosocomiales, la biohygiène dans la lutte contre les infections associées aux soins.

TJP

Source : CONGRES BIOLOGIE ET HYGIENE HOSPITALIERE 2012 Forum des Biohygiénistes.