Archives Mensuelles: septembre 2011

La résistance aux antibiotiques depuis 30 000 ans

L’utilisation intense des antibiotiques par l’être humain ne serait qu’un simple révélateur d’une résistance non pas récente mais latente et fluctuante au fils des âges.

Des chercheurs franco-canadiens issus notamment de l’unité « Eco-Anthropologie et ethnobiologie » du CNRS et l’université McMaster ont démontré, grâce aux paléo-bactéries, que l’apparition des résistances aux antibiotiques date de bien avant l’utilisation clinique des antibiotiques.

Cela ne remet pas du tout en cause la montée puissante et progressive de l’antibio-résistance récente dû à la sur-consommation des antibiotiques. C’est en effet la sélection des souches résistantes qui renforce le phénomène de la montée de l’antibio-résistance.

« Pour déterminer si des facteurs de résistance étaient déjà là il y a des milliers d’années, VM D’Costa et coll. sont allés les rechercher dans le pergélisol (sous-sol gelé) du Pléistocène tardif. » explique Dr Jack Breuil du Journal International de Médecine (JIM). le Pléistocène débute il y a 2,588 million d’années et se termine il y a 11 430 ans. Afin d’être sûr d’avoir à faire à des bactéries de la période, les chercheurs se sont basés sur la présence, dans les prélèvements, d’ADN de mammouths, chevaux, bisons, Lagopus et même végétaux locaux, récupérés sur le territoire du Yukon, à l’Est de l’Alaska, témoins de la vie locale à cette période inter glaciale, il y a au moins 30 000 ans.

Après étude, les chercheurs ont découvert des séquences génétiques codant pour des résistances à plusieurs familles d’antibiotiques. Dr Jack Breuil (JIM) explique: « Les déterminants détectés incluaient la protéine Tet M (protéine de protection ribosomale conférant la résistance aux cyclines), des éléments de dipeptide hydrolase VanX D-Ala-D- Ala de résistance à la vancomycine, une b-lactamase Bla du groupe TEM ou une ribosome méthyltransferase Erm intervenant dans la résistance aux streptogramines B. »

TJP

Sources:

Antibiotic resistance is ancient NATURE

Des résistances aux antibiotiques… il y a 30 000 ans JIM 19/09/2011

La tenue hospitalière vecteur potentiel d’agents infectieux multi-résistants

65% des tenues appartenant aux infirmières et 60% appartenant aux médecins étaient porteurs d’agents pathogènes annonce une étude publiée dans le journal « American Journal of Infection » dans son numéro de septembre 2011.

L’étude s’est orientée sur le prélèvement par méthode « contact », grâce à des géloses au sang standards, sur trois zones de la tenue (au niveau du ventre, des manches et des poches) et sur le remplissage d’un questionnaire par les membres du personnel participant.

Au total 238 tenues ont été collectées concernant 135 membres du personnel incluant 75 infirmières (55%) et 60 médecins (45%). 58% du personnel annonce changer leur tenue tous les jours et 77% pensent que le niveau d’hygiène de leur tenue est excellente.

Sur 50% des tenues testées (soit celles appartenant à 63% du personnel testé), des bactéries potentiellement pathogènes ont été isolées sur au moins un site. 14% des échantillons concernant les infirmières et 6% concernant les médecins comportait des bactéries multi-résistantes aux antibiotiques.

TJP

Source: Wiener-Well Y, Galuty M, Rudensky B, Schlesinger Y, Attias D, Yinnon AM. « Nursing and physician attire as possible source of nosocomial infections » Am J Infect Control, 2011 Septembre;39(7):555-9. http://www.ajicjournal.org/article/S0196-6553%2811%2900117-9/abstract

La prise en charge des endoscopes défectueux contaminés en porte à faux

La désinfection des endoscopes thermosensible peut être réalisée manuellement ou grâce à l’utilisation d’un laveur-désinfecteur d’endoscopes. Lorsque l’endoscope est défectueux il est en principe détecté par la machine, qui s’arrête, lorsque la defectuosité n’a pas été remarquée par l’infirmière. Tous les endoscopes défectueux doivent être envoyé au fabricant ou mis au rébut.

Seulement voilà, selon la circulaire DGS/5 C/DHOS/E 2 n° 2001-138 du 14 mars 2001 relative aux précautions à observer lors de soins en vue de réduire les risques de transmission d’agents transmissibles non conventionnels: « Tout dispositif médical adressé à un fabricant, un vendeur, un atelier bionédical pour réparation, révision, ou maintenance, doit impérativement avoir subi au préalable, la procédure complète de traitement « .

Cependant, en cas de désinfection d’un endoscope défectueux, le fabricant se désengage. En effet, la plupart d’entre eux explique qu’il ne faut surtout pas traiter un endoscope présentant une défectuosité au risque d’aggraver la détérioration du matériel. Pour l’envoi des endoscopes auprès du fournisser, certains d’entre eux proposent des sytèmes de sacs de transport de dispositifs contaminés permettant de mettre en place l’endoscope dans la valise sans la contaminer.Le fournisseur facture dans cette situation une désinfection d’endoscope en sus de sa réparation…

La circulaire DGS/5 C/DHOS/E 2 n° 2001-138 du 14 mars 2001 reste le document en vigueur et pour le moment rien ne permet d’autoriser le transport d’endoscopes non désinfecté dans ces conditions. C’est donc dans l’impasse totale que sont pris en charge ces derniers.

TJP

Après les expériences mortelles au Guatemala et en Alabama, la bioéthique américaine se renforce…

source image: http://www.kellykite.com/590/syphilis.html

La bioéthique américaine tente de tirer les leçons de deux affaires scandaleuses qui ont pour lien un certain docteur John Culter,décédé en 2003.

Ces deux affaires concernent l’inoculation, à l’insu de milliers de cobayes, de maladies sexuellement transmissibles tel que la syphilis et la blenorragie.

La première affaire a lieu entre 1932 et 1972, au  Guatemala:

Des scientifiques américains lancent des expériences visant à déterminer si la pénicilline, dont on commençait à se servir, pouvait prévenir diverses maladies sexuellement transmissibles.

Durant 40 ans, 399 hommes noirs ont été contaminés par la syphilis dont 256 « participants » avaient été consciemment privés de traitement, même lors de l’arrivée de nouvelles thérapies, afin d’étudier l’évolution de la maladie. Les PHS avaient donc volontairement exposé et infecté des populations vulnérables aux maladies sexuellement transmissibles. . Des travailleurs saisonniers avaient été recrutés par les autorités médicales dans le cadre d’une recherche, les chercheurs leur avaient menti en leur disant les traiter pour d’autres problèmes de santé.

Cette étude est rejointe par le Dr John Charles Cutler dans les années 60.

Début octobre 2010, la présidence du Guatemala avait annoncé que le président Alvaro Colom allait diriger une commission spéciale d’enquête sur ces expériences, qu’il avait qualifiées de « crimes contre l’Humanité ».

La seconde affaire a lieu en Alabama entre 1946 et 1948:

L’ historienne Susan Reverby, du Wellesley College a découvert en 2010 des documents attestant qu’au cours des années 1946-1948, deux institutions sanitaires des USA (le département de santé publique, US-PHS, et l’institut national de la santé, NIH), l’organisation panaméricaine de la santé et le gouvernement guatémaltèque ont mené un projet de recherche secret sous l’égide de John Charles Cutler qui rejoindra dans les années 60 l’affaire précédente.

Au total, 5500 personnes auraient été concernées par ces expériences. Selon la présidente de la commission, Amy Gutmann, il s’agit là d’une « injustice historique » faite aux populations concernées. Elle a assuré que l’enquête en cours cherchait « à honorer les victimes et à nous assurer que cela ne se reproduira plus ».

Une commission d’enquête américaine se penche à ce jour sur les conséquences de ce drame. Cette commission a étudié plus de 125.000 documents liés à ces expériences et doit rendre ses conclusions finales en septembre.

Les chercheurs avaient choisi comme cobayes des personnes vulnérables, y compris des malades mentaux, et ne les ont informées ni de l’objet de leur recherche, ni de ce qui allait leur arriver. Pire : ils les ont encouragées à transmettre des maladies sexuelles et n’ont pas traité celles qui ont contracté la syphilis.

Le 1er octbre 2010, « Les USA s’excusent d’avoir inoculé sciemment des MST à des Guatémaltèques »

Aujourd’hui:

La Commission présidentielle américaine pour l’étude des questions bioéthiques travaille à la recommandation de normes de protection renforcées pour les personnes qui participent aux essais cliniques. La Commission américaine pointe aussi l’absence de fichier centralisant les participants aux études cliniques, du moins en ce qui concerne les recherches financées dans le monde, par les Etats-Unis. Une réflexion relayée dans l’édition du 2 septembre du British Medical Journal.

TJP

sources:

« Les USA s’excusent d’avoir inoculé sciemment des MST à des Guatémaltèques » dépêche AFP Karin ZEITVOGEL  du 01/10/2011

US commission recommends increased protection for people in research after reviewing 1940s syphilis study

autres sources:

http://www.santelog.com/modules/connaissances/actualite-sante-bioeacutethique-les-us-pour-des-normes-de-protection-accrue-des-participants-aux-essais-cliniques_6252_lirelasuite.htm#lirelasuite

http://lci.tf1.fr/monde/amerique/mortelles-experiences-americaines-au-guatemala-6663851.html

AFNOR s’ouvre aux commentaires publiques

  Depuis le 24 mars 2011, l’AFNOR (Association Française de Normalisation) a mis en ligne un site internet permettant aux lecteurs de normes d’apposer des commentaires.

Ces normes mise à la relecture publique sont en phase de finalisation. Il s’agit donc là de la dernière phase pour un texte normatif avant sa publication finale.

Le communiqué de presse indique: « Quel que soit le secteur d’activité ou la thématique (RSE, innovation…), l’enquête publique donne la parole aux futurs utilisateurs de la norme française. Pour faciliter l’accès aux textes à venir, AFNOR Normalisation a remodelé les fonctionnalités de son site www.enquetes-publiques.afnor.org . « 

Le lecteur peut ainsi consulter les projets de normes françaises en cours, exprimer ses observations, ses commentaires et ses objections éventuelles. De plus il peut ainsi organiser sa veille sur les normes françaises de demain grâce à plusieurs systèmes. Il existe sur le site un flux RSS et un système d’abonnement par mail à une lettre d’information concernant tous les domaines.

On ne peut que saluer humblement cette démarche.

Il pourrait être intéressant que cette démarche soit étendue aux normes en vigueur permettant une veille applicative de ces normes.

TJP

Sources: communiqué de presse du 24/03/2011

Alliance Mondiale Contre le développement des Bactéries Multi-Résistantes aux Antibiotiques

Une réunion à l’Assemblée Nationale le 24 juin a permis une première écoute des problèmes rencontrés mais en pratique l’alliance attend beaucoup plus des pouvoirs publics.

Un manifeste de cette alliance a été diffusée courrant juillet.

« Après plusieurs décennies d’une utilisation souvent débridée des antibiotiques, nous entrons dans une période de risque et de pénurie, avec l’apparition de bactéries extrêmement résistantes aux antibiotiques, voire à tous les antibiotiques, alors que très peu de nouveaux produits sont attendus dans les dix prochaines années. Se dessine ainsi un problème aigu de santé publique, pour l’homme, et le règne animal dans un futur proche. Des échecs thérapeutiques lourds de conséquences cliniques surviennent d’ores et déjà et vont se multiplier dans les prochaines années, pour des infections jusqu’à présent tout à fait bénignes….grâce aux antibiotiques ! » indique le manifeste.

 

Le ralliement à cette alliance a commencé en France puis a très rapidement conquis l’Europe. En juillet l’alliance comportait 300 personnes, dont 50 médecins étrangers. Actuellement elle interesse de nombreux scientifiques mondiaux, 63 à ce jour parmis lesquels se trouvent de grands responsables d’instances scientifiques. Ce phénomène marque la prise de conscience mondiale face à la montée de l’antibiorésistance.

Manifeste de l’alliance 18/07/2011

autres sources:

https://fbhleblog.wordpress.com/2011/07/04/61/

Draco, vers un antiviral universel

L’apoptose consiste en la mort programmée des cellules. Ce phénomène intervient depuis le début de la croissance du foetus dans le ventre de sa mère et après la naissance jusqu’à la fin de sa vie .

L’idée a fait son chemin, déclencher l’apoptose des cellules infectées. En clair demander aux cellules infectées de s’auto-détruire afin d’empêcher aux virus leurs multiplication.

Une méthode nommée DRACO pour Double-stranded RNA Activated Caspase Oligomerizers a été mise au point par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et publiée le 27 juillet dans la revue Plos ONE et par le site du MIT.

Ce médicament cible un type d’ARN produit uniquement dans les cellules infectées par des virus. «En théorie, il devrait fonctionner contre tous les virus», explique Todd Rider, chercheur au Lincoln Laboratory’s Chemical, Biological, and Nanoscale Technologies Group et inventeur de cette méthode.

Le procédé a été testé sur 15 virus tel que le rhinovirus, le H1N1, le virus de la polio, de la dengue ou encore le virus Ebola.

Le large spectre de ce nouveau type de traitement pourrait permettre son utilisation contre certains virus en cause dans les épidémies actuelles mais également contre les futurs virus épidémiques.

Source scientifique:

http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0022572

http://www.ll.mit.edu/news/DRACO.html

http://web.mit.edu/newsoffice/2011/antiviral-0810.html

Sources:

http://www.lepost.fr/article/2011/08/20/2572094_draco-l-arme-absolue-contre-les-virus.html

http://blog.santelog.com/2011/08/19/virus-dracos-un-seul-medicament-pour-toutes-les-infections-virales-mit-et-plos-one/