Archives Mensuelles: août 2011

des levures pour prévenir de l’aspergillose

L’injection de levure de boulanger à des souris permet de les protéger contre plusieurs infections fongiques…

En raison de l’inefficacité des traitement curatif vis à vis de l’aspergillose, la lutte contre cette maladie passe de nos jours par une bonne prévention. En effet le taux de mortalité est très important et oblige les hygiénistes à faire preuve d’ingéniosité pour limiter la propagation des spores dans les établissements de soins (voir ARTICLE Forum des biohygiénistes : La prévention du risque d’Aspergillose et le rôle de la cellule aspergillaire.)  Il s’agit de la deuxième cause de mortalité par infection fongique à l’hôpital. Mais cette tendance pourrait un jour enfin être modifiée.

Des chercheurs du California Institute for Medical Research, ont injecté, à des souris, 3 doses de 2,5 mg de  Saccharomyces cerevisiae (levure de boulanger) à une semaine d’intervalle. Ainsi vaccinées, elles ont réussi à survivre à des doses élevées d’Aspergillus. Les chercheurs ont constaté que la levure procurait une protection contre l’aspergillose aussi efficace que celle induite par des levures conçues pour exprimer les protéines de surface d’Aspergillus.

« Nos résultats suggèrent que la composante qui induit la protection se trouve dans la paroi cellulaire de la levure. De plus, ce vaccin protège aussi contre l’infection due à trois autres champignons Candida, Cryptococcus et Coccidioides. » expliquent les chercheurs.

Reste à d’autres équipes de chercheurs spécialistes de la pathogénicité à découvrir si les souches de levures inactivées demeurent absolument sans risque pour une utilisation à grande échelle.

Le Dr steven indique : « Bien que la vaccination de tous les individus présentant un déficit immunitaire serait un formidable défi, il y a certains groupes de patients qui pourraient être la cible initiale d’un effort vaccinal. Il s’agit notamment des candidats à la transplantation, des patients traités pour leucémie suivante et aussi les patients diagnostiqués avec des tumeurs solides ».

Sources:

Liu M et al. 2011. Saccharomyces as a vaccine against  systemic aspergillosis. Journal of Medical Microbiology, published online  ahead of print on Wed 10 Aug (URL: http://dx.doi.org/10.1099/jmm.0.033290-0)

http://www.examiner.com/science-news-in-national/vaccination-with-baker-s-yeast-protects-against-fatal-fungal-aspergillosis

http://www.sciencesetavenir.fr/actualite/sante/20110810.OBS8350/la-levure-de-boulanger-au-service-des-medecins.html

http://www.maxisciences.com/levure/de-la-levure-de-boulanger-pour-lutter-contre-les-infections-fongiques_art16296.html

http://biohygieniste.leforum.eu/t83-ARTICLE-La-prevention-du-risque-d-Aspergillose-et-le-role-de-la-cellule-aspergillaire.htm

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L’Europe fait face aux épidémies imprévisibles

« Bruxelles, le 9 août 2011 –  La Commission européenne a décidé de consacrer 12 millions d’euros supplémentaires provenant du programme-cadre de recherche de l’UE au renforcement de la capacité de l’Europe à combattre des agents pathogènes comme la virulente bactérie Escherichia coli (E.coli), qui a récemment intoxiqué près de 4 000 personnes en Europe et en a tué 46. » annonce la commission européenne hier.

Mme Máire Geoghegan-Quinn, membre de la Commission européenne responsable de la recherche, de l’innovation et de la science, a déclaré: «Notre politique vise à concentrer les fonds de la recherche et de l’innovation de l’UE sur les enjeux les plus importants pour les Européens, et la santé figure évidemment en haut de la liste. Je suis donc très satisfaite que nous ayons pu allouer ces fonds supplémentaires à une nouvelle consolidation de la capacité européenne à détecter les épidémies et à y faire face».

Ainsi dès cet automne l’Europe mettra en route deux projets « ANTIGONE » et « PREDEMICS ».

Antigone (ANTIcipating the Global Onset of Novel Epidemics) aura pour objectif de parvenir à mieux connaitre la souche d’ECEH qui a infecté près de 4.000 personnes en Europe et causé 46 décès, dont 45 en Allemagne. Le budget réservé à Antigone sera de 2,1 millions d’euros avec lequel les chercheurs devront développer des méthodes de diagnostic rapide mais aussi de prévention pour faire face à ces nouvelles bactéries et autres agents pathogènes virulents qui pourraient menacer la santé humaine. Antigone devrait compter 14 partenaires provenant de 7 pays et rassembler des experts spécialisés dans un large éventail de virus et de bactéries.
Predemics (Preparedness, Prediction and Prevention of Emerging Zoonotic Viruses with Pandemic Potential using Multidisciplinary Approaches), un autre projet qui a déjà bénéficié d’un financement, avancera en collaboration avec Antigone. Ce projet se concentre sur 4 familles de virus qui peuvent être à l’origine d’une épidémie en Europe: l’influenza, l’hépatite E, la rage et les maladies causées par les lyssavirus (apparentés à la rage) ainsi que les infections dues au virus de l’encéphalite japonaise ou au virus du Nil occidental.

Le projet prévoira une «clause de flexibilité» qui permet une réaction rapide à toute menace d’épidémie future imprévue sans que la Commission ne doive publier un nouvel appel à propositions.

« L’ensemble des activités de recherche sur les nouvelles épidémies bénéficie d’un budget de plus de 170 millions d’euros dans le cadre du 7e PC (2007-2013), et comprend des travaux pour améliorer la capacité à détecter de nouveaux virus inconnus (projet EMPERIE), pour élaborer des médicaments contre les virus (projet SILVER ) et pour limiter la transmission de plusieurs nouvelles maladies à vecteur (projet EDENext), comme la fièvre du Nil occidental ou la dengue, le chikungunya, etc. » indique la commission.

Sources:

Commission européenne – Communiqué de presse 09/08/2011

L’UE investit plus de 170 millions dans la lutte contre les VIRUS INCONNUS – Commission européenne blog.santelog.com

Les cranberries pour prévenir des infections urinaires … la fin d’un mythe ?

La canneberge ou cranberry (Vaccinium macrocarpon) est le fruit d’un arbrisseau d’amérique du nord, qui ressemble à une grande airelle rouge. Ses bienfaits dans la prévention des récidives de l’infection urinaire sont l’objets d’avis divers pour la plupart des gens et ont même fait l’objet d’études scientifiques contradictoires (voir l’encadré en fin d’article. « Des études par centaines » ).

 Tester l’utilisation préventive d’extrait de cramberries contre l’utilisation du triméthoprime-sulfamethazole (TMP-SMX) pendant 12 mois, là aura été l’objectif majeur de cette étude hollandaise. Les fervents défensseurs de l’utilisation modérée des antibiotiques vont hurler au « crime contre l’humanité » de pouvoir penser à utiliser des antibiotiques de manière permanente sur de longues périodes. On peut dire dors et déjà avant de dévoiler les résultats de l’enquête que sur le plan de l’éthique scientifique l’idée même est en situation d’échec face à l’entrée de notre société dans une période de pénurie d’antibiotiques.

Ainsi 221 femmes en phase préménopausique ont été “randomisées” en deux groupes sevoyant soit administrer 480 mg de TMP-SMX le soir et une capsule de placebo deux fois par jour (110 femmes) soit une capsule à base d’extrait de Cranberrie 500mg (Cran-Max) 2 fois par jour, et une capsule de placebo le soir (111 femmes).

Sur les 12 mois de l’étude 4 infections ont été recensées dans le groupe cranberries (IC: 95% de 2.3 à 5.6] contre 1,8 dans le groupe antibiotiques (IC:95% de 0,8 à 2,7), une plus forte proportion de femmes dans le groupe cranberries qui ont présenté durant ces 12 mois, au moins un des symptômes d’infection urinaire (78,2%) contre 71,1% dans le groupe antibiotique, une récidive plus rapide dans le groupe de Cranberrie: première récidive en moyenne 4 mois après le début du traitement, contre 8 mois dans le groupe antibiotique.

A noter que dans le groupe traité au TMP-SMX, après un mois de traitement, la résistance à l’antibiotique a augmenté d’environ 21,1%. 3 mois après l’arrêt du traitement, la résistance bactérienne revient à ses niveaux de départ.

Faut il donc recommander aux femmes préménopausées à infections urinaires répétées de prévilégier l’utilisation d’antibiotiques de manière préventive ? La question doit elle se poser à l’heure où l’on demande bientôt à agruculture de médérer l’utilisation des antbiotiques au quotidien (Emergence d’une salmonelle multirésistante en Afrique 04 août 2011)

Source scientifique:

Cranberries vs Antibiotics to Prevent Urinary Tract Infections archinternmed.2011.306

Sources:

http://www.santelog.com/modules/connaissances/actualite-sante-infections-urinaires-les-cranberries-reacuteellement-efficaces_6031_lirelasuite.htm#lirelasuite

CRANBERRIES-USA.EU

Des études par  centaines

1991: Les scientifiques de l’université  de Tel-Aviv constatent que les cranberries contiennent des molécules  capables d’éviter la fixation de certaines bactéries E.coli sur la paroi  interne de la vessie. I.Ofek, J. Goldhar, D. Zafiri, H. Lis, R. Adar,  N. Sharon : Anti-Escherichia coli adhesion activity of cranberry and
blueberry juices. New England Journal of Medicine 324 (1991), S. 1599

1994 : Des tests cliniques effectués à la Harvard Medical School de Boston, Etats-Unis, révèlent que la consommation régulière de boissons au jus de cranberry réduit de façon notable les bactéries contenues dans les urines des femmes d’un certain âge. J. Avorn, M. Monane, J. H. Gurwitz, R.J. Glynn, I. Choodnovskiy, L.A. Lipsitz : Reduction of Bacteriuria and Pyuria After Ingestion of Cranberry Juice. Journal of the American Medical Association 271 (1994) S. 751-754

1997 : Une étude effectuée par l’université Weber State sur un panel de femmes entre 18 et 45 ans confirme les effets bénéfiques des cranberries. Pendant 6 mois, les participantes de cette étude se sont vues administrer un complément alimentaire à base de cranberries à absorber quotidiennement. La fréquence d’infections urinaires fut réduite significativement par rapport aux femmes auxquelles un placebo avait été administré. E. B. Walker, D. P. Barney, J. N. Mickelsen, R. J. Walton, R. A. Mickelsen Jr.: Cranberry concentrate. UTI prophylaxis. Journal of Family Practice 45 (1997), S. 167-168

1998 : Les scientifiques de l’université Rutgers (New Jersey) ont identifié pour la première fois les substances qui sont responsables de l’effet anti-adhésif bactérien : les proanthocyadinines  (ou tanins condensés) de type « A » avec des doubles liaisons, uniques pour le fruit cranberry.A. B. Howell, N. Vorsa, A. Der Marderosian, L.Y. Foo : Inhibition of the adherence of p-fimbriated Escherichia coli to  uroepithelial-cell surfaces by proanthocyanidin extracts from cranberries.  New England Journal of Medicine 339 (1998), 1085-1086

2002 : Une étude clinique menée par un urologue de l’université British Columbia avec 150 femmes a corroboré que la consommation régulière de jus ou de oudre de cranberries réduisait la récurrence des infections urinaires. Les participants à cette étude ont constaté un net recul de la fréquence des infections urinaires et par conséquent de la nécessité d’un traitement aux antibiotiques. L.Stothers : A randomized trial to evaluate effectiveness and cost effectiveness of naturopathic cranberry products as prophylaxis against urinary tract infections in women. The Canadian Journal of Urology 9 (2002), S. 1558-1562

2004 : Les scientifiques de l’université de Rutgers et de l’université du Wisconsin analysent l’effet anti-adhérence des boissons aux cranberries par rapport aux autres aliments riches en proanthocyadinines. L’étude clinique démontre clairement que les boissons aux cranberries sont le facteur déclenchant de cet effet,  contrairement aux jus de raisin et de pomme, au thé vert et au chocolat. Ces recherches ont reconfirmé par ailleurs que la structure moléculaire  des proanthocyadinines des cranberries est unique (avec ses doubles liaisons de « type A »)générant ainsi ces effets physiologiques. A. B. Howell, J. D. Reed, B. McEniry, C. G. Krueger, D. G. Cunningham : Bacterial anti-adhesion activity of cranberry vs. other foods. American Chemical Society National Meeting 2004.

2009: La canneberge serait efficace chez les femmes ayant des infections urinaires récidivantes. ll n’y a que dans le sous-groupe des patients sondés où la canneberge n’est pas efficace et son utilité dans la prévention chez les personnes de plus de 60 ans est moins évidente. Jepson RG, Craig JC. Cranberries for preventing urinary tract infections. Cochrane database of systematic reviews 2009 [télécharger le résumé en PDF, 61 Ko]

 2011: Les cranberries en échec dans la prévention des infections urinaires récurentes. Barbosa-Cesnik C, Brown MB et al. Cranberry juice fails to prevent recurrent urinary tract infection: results from a randomized placebo-controlled trial. Clin Infect Dis. 2011 Jan;52(1):23-30

Emergence d’une salmonelle multirésistante en Afrique

On ne ratera pas une occasion pour crier « Halte à la Résistance » !!!

Les Salmonelles deviennent de plus en plus résistantes aux antibiotiques.

L’  INRA annonce une récente « émergence de souches multirésistantes (SGI1-K1) avec un haut niveau de résistance aux FQs chez Salmonella Kentucky » provenant de « Mécanismes multiples » permettant d’atteindre un haut niveau de résistance aux Fluroquinolones.

La prévalence de la résistance aux céphalosporines de 3ième génération est cependant faible en France contrairement à ses voisins (Belgique, Espagne).

C’est la présence d’antibiotiques dans la chaine alimentaire qui provoque la pression sélective des souches de Salmonella résistantes.

On identifie ainsi plusieurs pratiques à travers le monde: -la thérapeutique dont l’unique but est de soigner les animaux malades – la métaphylaxie dont la phylosophie est de traiter un cheptel comportant un pourcentage de bêtes présentant des signes d’infection -la prophylaxie dont le but est préventif en traitant l’ensemble des bêtes soumis à un facteur de risque considéré comme non négligeable (exemple : le sevrage du porcelet ) et enfin l’utilisation comme facteur de croissance afin d’augmenter la production de viande dans un lieu généralement en confinement majeur. Cette dernière pratique est interdite dans l’Union Européenne depuis le 1ier janvier 2006.

« L’usage métaphylactique des antibiotiques pourrait se révéler avantageux en terme de prévention de certaines résistances bactériennes. Des stratégies sont étudiées pour limiter l’impact des antibiotiques sur la flore digestive. »

En métaphylaxie,  la plupart des animaux sont encore asymptomatiques, mais ils sont exposés à un danger infectieux avec  une quasi certitude  de développer une maladie à très court terme. Elle permet ainsi de taiter le cheptel avant qu’un quantité importantes d’animaux soient infectées avec des concentrations importantes. Tandis que le traitement thérapeutique agit là où les bêtes sont déjà infectées et souvent en nombre importantes, engendrant à la fin du traitement un potentiel de sélection de souches bactériennes résistantes très important.

A l’heure où les résistances aux antibiotiques ne se font plus pré-occupantes et deviennent alarmantes, les actions internationales restent timides pour endiguer le développement de l’armement bactérien face aux antibiotiques.

Source :  Emergence de nouvelles résistances aux antibiotiques chez Salmonella  INRA – 2011-01-07 –  [pdf]