Hygiène hospitalière et Développement Durable un pacte pour l’avenir hospitalier


La loi portant « engagement national pour l’environnement » dite Grenelle 2 a été promulguée le 12 juillet 2010, elle poursuit la mise en application des engagements du Grenelle de l’environnement, entamée avec la loi Grenelle 1. La loi Grenelle 2 est composée de 199 décrets. Ces derniers assurent la mise en œuvre des quelques 257 articles inscrits dans la loi. Des mesures déclinées dans six domaines majeurs : bâtiments et urbanisme; transports ; énergie ; biodiversité ; risques, santé et déchets ; et enfin gouvernance.

L’article 180 a introduit une section 3 relative à la qualité de l’air intérieur qui prévoit, notamment, une surveillance obligatoire de la qualité de l’air intérieur pour le propriétaire ou l’exploitant de certains établissements recevant du public lorsque la configuration des locaux ou la nature du public le justifie (y compris les hôpitaux). Le projet de loi est en cours.

C’est tout récemment que les hygiénistes commencent à se poser des questions d’une telle évidence. Quelles conséquences et quelles implications pour l’hygiéniste ? La question est posée dans un article de la revue techniques hospitalières de la FHF. « Les établissements doivent se référer aux critères sur le management stratégique du référentiel de la V2010 et l’hygiéniste doit réfléchir avec les personnes impliquées dans la définition de cette stratégie locale à la mise en place d’actions de court, moyen et long terme. » explique le résumé.

L’exemple du Réseau Energie Environnement des Hôpitaux de Picardie qui existe depuis 1992 grâce au regroupement de plusieurs chefs d’établissements hospitaliers de Picardie pour valoriser et partager leurs expériences en matière de maîtrise de l’énergie et de réduction des impacts sur l’environnement montrait déjà le chemin à prendre. Maîtriser les dépenses énergétiques, promouvoir les énergies renouvelables, gérer les déchets dans le respect des normes en vigueur et sensibiliser ses adhérents à la nécessité de mieux préserver leur environnement sont ses actions majeurs.  Aujourd’hui, 15 établissements hospitaliers publics (soit environ 60 % des lits publics et environ 50 % des lits totaux de la région) et 2 blanchisseries interhospitalières participent régulièrement aux travaux du réseau.

La Société Française Hygiène Hospitalière (SF2H) a créé un groupe de travail « Environnement, développement durable et hygiène ».

« La prise en compte de la sécurité des soins dans une politique de développement durable suppose une double obligation :

• l’intégration du développement durable dans les programmes de prévention au sein des pratiques professionnelles (pour les soins aux patients et l’environnement dans lequel ces soins sont délivrés) en associant professionnels et usagers ;

• la préservation du niveau de sécurité en matière de risque » affirme Dr Joseph Hajjar Président de la SF2H, « Les hygiénistes (médicaux et paramédicaux), en charge de la prévention des infections associées aux soins, constituent la cible prioritaire parce qu’un grand nombre de mesures préventives ont un impact direct ou indirect sur l’environnement. » mais pas seulement. En effet les directions, mais aussi l’ensemble des professionnels médicaux et paramédicaux doivent s’impliquer.

On retrouve 2 paragraphes très importants à retenir dans l’argumentaire du Dr Joseph Hajjar:

« La version 2010 de la certification des établissements de santé par la Haute Autorité de santé comporte une inscription de cette problématique dans le référentiel de la procédure. L’objectif est d’engager les établissements à promouvoir le développement durable dans leur stratégie et dans leur management. Plusieurs principes de management portés par le développement durable sont intégrés par la certification (prise en compte des parties prenantes, approche participative, prise en compte des dimensions qualité, sécurité, environnement, gestion des ressources humaines). Les attentes sont les suivantes :

• les valeurs, missions et activités d’un établissement de santé incorporent les enjeux du DD et notamment les notions de responsabilité sociale et environnementale ;

• la démarche d’amélioration continue de la qualité est inscrite dans une perspective de continuité et de durabilité ;

• la gestion des risques est élargie aux risques environnementaux. « 

[…]

« Quelques données générales illustrent les interactions entre le champ du DD et celui de l’hygiène hospitalière et de la prévention des infections associées aux soins :

• la consommation d’eau dans un établissement de santé est évaluée entre 750 à 1 000 l/patient et par jour (à mettre en rapport aux 150 à 200 l par personne dans la communauté) ;

• à lui seul un service de stérilisation centrale (par exemple le site des HCL) : 10 860 litres/jour (sans compter la production de 5 000 litres d’eau osmosée par jour) ; • la consommation électrique moyenne d’un bâtiment public est estimée à 400 kWh par m² et par an et les établissements de santé totalisent 60 millions de m² ;

• la production de déchets est évaluée à 6 kg par jour l’hospitalisation. Certains éléments sont plus spécifiques de la prévention des IAS comme le nettoyage et la désinfection des locaux, la stérilisation des dispositifs médicaux, le recours à l’usage unique et l’élimination des déchets et effluents. Par exemple, le bionettoyage nécessite une quantité très importante de produits détergents-désinfectants : sur la base de deux lits par chambre, c’est environ 250 000 chambres à nettoyer quotidiennement (494 485 lits dans les 2 856 établissements de santé recensés en 2006) ; l’importance du problème doit engager à la réflexion sur la place de la détergence, les indications de la désinfection, l’utilisation de produits à moindre impact environnemental le recours à des techniques alternatives (vapeur…). Bien d’autres données chiffrées sont actuellement disponibles, notamment sur les résultats obtenus (et étayés par des indicateurs) par des établissements intégrant dans leurs actions le progrès environnemental. Ces quelques exemples permettent d’illustrer les points clés de cette démarche :

• l’engagement dans le développement durable est possible, il a du sens, ce n’est pas une charge supplémentaire de travail ;

• l’engagement passe par une réflexion, la réalisation d’un diagnostic, le choix et la mise en oeuvre de solutions adaptées (pas de recettes !) ;

• l’engagement est intégré au coeur du métier des professionnels et dans la prise en charge du patient en préservant son intérêt immédiat mais aussi l’intérêt futur de la collectivité. »

Un vaste chantier pour la SF2H se dévoile à ce jour, un parcours du combattant énergivore mais nécessaire.

sources:

« Développement durable : quelles conséquences et quelles implications pour l’hygiéniste ? » Techniques Hospitalières 06/07/2011

Le Grenelle 2 décrypté : articles et décrets sur le bâtiment   www.plan-batiment.legrenelle-environnement.fr

Réseau Hôpitaux-énergie-environnement ADEME

Argumentaire, Liste de sujets à traiter groupe de travail « Environnement, développement durable et hygiène » SF2H [zip]

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Publié le 29 juillet 2011, dans Actualités legislatives / normalisations, Actualités Scientifiques, Développement Durable. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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