Archives du 18 juillet 2011

Sida menaces et espoirs

A Rome ce jour, à l’occasion de la « Conference on HIV pathogenesis treatment and prevention »,

Médecin sans Frontière dénonce dans son rapport publié ce jour, un déséquilibre d’accès aux anti-rétroviraux entre les pays riches, les pays pauvres ayant droits aux aides et les pays intermédiaires n’ayant aucune aide. « Dans les pays les plus pauvres, les prix continuent de baisser, explique Nathan Ford, directeur médical de la Campagne d’Accès aux Médicaments Essentiels de MSF. Mais un nombre important de personnes vivant avec le VIH/sida habitent dans des pays à revnus intermédiaires exclus par ces réductions de prix. »

« Les programmes de réduction du coût des ARV mis en place par les compagnies pharmaceutiques ne sont pas une solution à long terme, explique Janice Lee, pharmacienne spécialiste du VIH/sida à La Campagne d’accès aux médicaments essentiels de MSF. Lorsque les brevets constituent un obstacle à l’accès et que les producteurs refusent de diminuer les prix, les gouvernements sont obligés de contourner les brevets afin de garder en vie les personnes atteintes du VIH dans leurs pays ».

« Nous observons que lorsque les brevets n’entravent pas l’utilisation de médicaments génériques, le coût des médicaments diminue, poursuit Janice Lee. Or, ces baisses de prix laissent espérer d’atteindre le nouveau objectif des Nations Unies : mettre 15 millions de personnes sous traitement d’ici 2015 ».

Cependant, beaucoup d’espoirs commencent à être récompensés par la mise en lumière de résultats de travaux,  démontrant l’efficacité du rôle préventif des anti-rétroviraux . En effet, le traitement précoce d’une personne infectée par le virus empêche dans plus de 96% qu’elle ne transmette l’infection.

Le premier essai, mené par le Centre international de recherche clinique de l’Université de Washington, baptisé Partners sur la  prophylaxie pré-exposition a  été conduit au Kenya et en Ouganda auprès de 4758 couples sérodifférents. trois groupes de sujets on été constitués : dans le premier, le partenaire non infecté par le VIH  recevait un comprimé de Ténofovir par jour , dans le deuxième il était « traité » par Ténofovir/Emtricitabine, tandis que dans le troisième un placebo lui était administré. Le nombre d’infections par le VIH retrouvé  était inférieur de 62 et  73 % pour les deux premiers groupes par rapport aux sujets ayant reçu un  placebo.

Dans un essai réalisé au Bostwana chez 1 200 hommes et femmes hétérosexuels non séropositifs (mais pas nécessairement en couple). Menée par le Center of Disease Control d’Atlanta (CDC), l’étude TDF2 a révélé que la prise de  Ténofovir/Emtricitabine a permis de réduire le risque de contracter le virus du Sida de 63 % par rapport aux patients ayant reçu pendant la même période d’un an  un placebo. Ces résultats s’ajoutent à ceux d’une étude présentée en mai concernant des couples homosexuels sérodifférents et aboutissant à des résultats semblables.

L’étude a été arrêtée au niveau des résultats intermédiaires qui étaient suffisamment concluant pour rendre la poursuite de l’étude impossible sur le plan de l’étique vis à vis des personnes prennant le placebo.

Ces découvertes devraient encourager les personnes à se faire dépister. Le complément d’autres moyens de contraception, tel que l’usage du préservatif parait plus ce que jamais essentiel cependant.

sources scientifiques:

http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1105243?query=featured_home&

http://www.anrs.fr/content/download/3721/20211/file/CP%2013%20mai%202011%20-%20HPTN%20052.pdf

sources presse:

http://www.msf.fr/2011/07/18/10201/sida-lacces-a-des-arv-a-prix-modere-menace/

http://www.msf.fr/2011/07/13/9901/sida-de-nouveaux-medicaments-pour-certains-pays-pas-pour-tous/

http://www.leparisien.fr/societe/sida-un-traitement-plus-efficace-que-prevu-18-07-2011-1536885.php

http://www.jim.fr/en_direct/pro_societe/e-docs/00/01/EA/BF/document_actu_pro.phtml

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/infos-generales/medecine-sante/afp_00360950-sida-montee-en-puissance-des-antiretroviraux-en-matiere-de-prevention-193787.php

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Un CLIN élargi à à la lutte contre les dépendances évitables et iatrogènes

André Trillard, sénateur UMP de Loire-Atlantique, missionné par le chef de l’État sur la politique de prévention de la dépendance des personnes âgées, liste dix recommandations dans son rapport remis le 13 juillet au président de la république.

Parmi cette liste il est envisagé entre autres un élargissement des prérogatives des Comités de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) à la lutte contre les dépendances évitables et iatrogènes au sein des établissements de santé. « Ceci  afin de construire des référentiels de bonnes pratiques et des indicateurs de suivi. »

On se demande comment va s’inscrire précisément cet item dans les établissements qui auront fait le choix de la suppression du CLIN suite aux deux décrets de novembre 2010.

Décret n°2010-1408 du 12 novembre 2010 relatif à la lutte contre les événements indésirables associés aux soins dans les établissements de santé.

Décret n°2010-1325 du 5 novembre 2010 relatif à la conférence médicale d’établissement des établissements de santé privés et à diverses modifications du code de la santé publique

Sources:

Comités de lutte contre les infections nosocomialesUn rapport préconise d’élargir leurs prérogatives aux dépendances évitables et iatrogènes, HOSPIMEDIA 13 juillet 2011
La disparition des CLIN est elle annoncée ?  Forum des Biohygiénistes 19/11/2010